SCÈNE IlL
JOSABET, ZACHARIE, SALOMITH, LE CHŒUU.
JOSiLBET.
Cher Zacharie , allez , ne vous arrêtez pas ; De votre auguste père accompagnez les pas.
O filles de Lévi , troupe jeune et fidèle , Que déjà le Seigneur embrase de son zèle , Qui venez si souvent partager mes soupirs , Enfants, ma seule joie en mes longs déplaisirs»
Mais quel trouble vous-même aujourd'hui vous agile? Voire âme en m'ëcoutant paraît tout interdite : Llieureux Aman a-t-il <|uelques secreis ennuis ?
AHA!f.
Peux-tu le demander dans la place où je suis ?
Haï , craint , envié , souvent plus misérable
Que tous les malheureux que mon pouvoir accable !
BYDASPE.
Hé 1 qui jamais du ciel eut des regards plus doux ? Vous voyez l'univers prosterné devant vous*
AMAK.
L'univers! Tous les jours un homme... un vil esclave. D'un front audacieux me dédaigne et me brave.
BTUASPE.
Quel est cet ennemi de l'État et du roi?
AMAN
Le nom de Mardochée est-il connu de toi ?
STSASPE.
Qui ? ce chef d'une race abominable , impie ?
AHAM.
Oui , lui-même.
HTnAiPB.
Hé , seigneur 1 d'une si belle vie Un si faible ennemi peut-il troubler la paix?
AHAN
L'insolent devant moi ne se courba jamais.
En vain de la faveur du plus grand des monarques
Tout révère à genoux les glorieuses marques;
Lorsque d'un saint respect tous les Persans touchés
N'osent lever leurs fronts à la terre attachés,
Lui , fièrement assis , et la tête immobile ,
Traite tous ces honneurs d'impiété servile.
Présente à mes regards un front séditieux ,
Et ne daignerait pas au moins baisser les yeux.
Du palais cependant il assiège la porte :
A quelque heure que j'entre, Hydaspe, ou que je sorte.
Son visage odieux m'afflige et me poursuit;
Et mon esprit troublé le voit encor la nuit.
Ce matJQ j'ai voulu devancer la lumière :
Je l'ai trouvé couvert d'une affreuse poussière.
Revêtu de lambeaux , tout pûlc ; mais son œil