‹ Théâtre complet de J. RacineChapitre 630 sur 716 · ACTE I, SCENE nr · texte numérisé non relu

ACTE I, SCENE nr

Il ne rcciierche point , aveugle en sa colère ,

Sur le fils qui le craint l'impiété du père.

Tout ce qui reste encor de fidèles Hébreux

Lui Tiendront aujourd'hui renouveler leurs y(rux

Autant que de David la race est respectée ,

Autant de Jézabel la fille est détestée.

Joas les touchera par sa noble pudeur.

Où semble de son sang reluire la splendeur :

Et Dieu , par sa voix même appuyant notre exemple

De plus près à leur cœur parlera dans son temple.

Deux infidèles rois tour à tour l'ont bravé :

11 faut que sur le trône un roi soit élevé ,

Qui se souvienne un jour qu'au rang de ses ancêtres ^

Dieu Ta fait remonter par la main de ses préires ,

L'a tiré par leurs mains de l'oubli du tombeau ,

Et de David éteint rallumé le flambeau.

Grand Dieu , si tu prévois qu'indigne de sa race Il doive de David abandonner la trace , Qu'il soit comme le fruit en naissant arraché , Ou qu'un souffle ennemi dans sa fleur a séché ! Mais si ce même en&nt , à tes ordres docile , Doit être à tes desseins un instrument utile , Fais qu'au juste héritier le sceptre soit remis ; Livre en mes faibles mains ses puissants ennemis ; Confonds dans ses conseils ime reine cruelle ! Daigne , daigne , mon Dieu , sur Mathan et sur elle Uépandre cet esprit d'imprudence et d'erreur, De la chute des rois funeste avant-coureur!

L'heure me presse : adieu. Des plus saintes fiunilles Votre fils et sa sœur vous amènent les filles.

Page 1