‹ Théâtre complet de J. RacineChapitre 643 sur 716 · UNE AUTRE ISRAÉLITE · texte numérisé non relu

UNE AUTRE ISRAÉLITE

Peut-être Assuérus , frémissant de courroux , Si nous ne courbons les genoux Devant une muette idole , Commandera qu'on nous immole.

Chère sœur, que choisirez-vous?

LA JEUNE ISRAÉUTE.

Moi, je pourrais trahir le Dieu que j'aime! J'adorerais un dieu sans force et sans vertu , Reste d'un tronc par les vents abattu , Qui ne peut se sauver hii-raème!

MO liiSTHER.

ÉIJSE-

Màrdochée? Hé 1 peut-il approcher de ces lieuK ?

B8TIIER.

Son amitié poar dk» le rend ingénieux.

Alieent , je le consulte ; et ses réponaee sages

Pour venir jusqu'à moi trouvent mille passages :

Un père a moins de soin du salut de son fils.

Déjà même , déjà , par ses secrets avis.

J'ai découvert au roi les sanf^tes pratiques

Que formaient contre lui deux ingrats domestiques.

Cependant mon amour pour notre nation A rempli ce palais de filles de Sion : Jeunes et tendres fleurs , par le sort agitées, Sous un ciel étranger comme moi transplantées. Dans un lieu séparé de profanes témoins , Je mets à les former mon étude et mes soins ; Et c'est là que , fuyant Forgueil du diadème , Lasse de vains iMHineuTS, et me cherchant moi-même , Aux pieds de l'Étemel je viens m'humilier. Et goûter le plaisir de me fiedre oublier. Mais à tous les Persans je cache leurs fiunilles. Il faut les appeler. Venez, venez, mes filles, Compagnes autrefois de ma captivité.

De l'antique Jacob jeune postérité.

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