‹ Théâtre complet de J. RacineChapitre 658 sur 716 · PREFACE D'ATHALIE · texte numérisé non relu

PREFACE D'ATHALIE

1'otti le monde sali qae le royaame de Juda était composé des dcui tribus de Juda et de Beôjamla , et que les dix autres tribus qui se révoltèrent cootre Roboam composaient le royaume d'israCLCoonnelesroisde Juda étalent de la maison de David, et qu'ils avaient dans leur partage la ville et le temple de Jérusalem , tout ce qu'il j avait de prêtres et de lé* vites se retirèrent aiq^rès d'eux, et leur demeurèrent toujours attadiés : car, depuis que le temple de Salomon fiit bàtl , 11 n'était plus permis de sacrifier aillenrs; et tons ces antres autels qu'on élcvaif; à Dlen sur des montagnes, appelés par cette raison dans récriture les hants lleox, ne lui étaient point agréables. Ainsi le coite légitime ne subsistait plos que dans Juda. Les dix tribus , excepté un très-petit nombre de personnes , étaient ou idolâtres , on scblsmatiqnes.

Au reste , ces prêtres et ces lévites faisaient eux-mêmes une tribu fort nombreuse. Ils furent partagés en diverses classes pour servir tour à tour dans le temple, d'un Jour de ^bat à l'antre. Les prêtres étaient de la famille d'Aaron ; et U n'y avait qne cenx de cette fàndlle Icsqods pussent exercer la sacriflcature. Les lévites leur étaient subordonnèi, et «valent soin , entre autres choses, du ehaot, de la préparation des victimes , et de la garde du temple. Ce nom de lévite ne laisse pas d'être donné quelquefois indifféremment à tons ceux de la tribu. Ceux qui étalent en semaine avaient, ainsi que le flrand nrètre . leur logement ûàM les portiques ou galeries dont le temple était environne , et qui faisaient partie du temple même. Tout l'édlûce s'appelait en général le Ueu saint : mais on appelait plus particulièrement de ce nom cette partie du temple Intérieur où étaient le chandeUer d'or, l'autel des partums, etles tables des pains de proposition; et cette partie était encore distinguée du saint des saints où était l'arche , et où le grand prêtre seul avait droit d'entrer une fois l'année. C'était une tradition assez constante , que la montagne sur laquelle le temple était bâti était la même montagne où Abraham avait autrefois offert en sacrifice son fils Isaac.

J'ai cru devoir expliquer ici ces particularités, afin que ceux à qui Thistoire de l'Ancien Testament ne sera pas assez présente n'en soient point arrêté» en lisant cette tragédie. Elle a pour sujet Joas reconnu et mis sur le trêne : et J'aurais dû , dans les règles, l'intituler Joas : mais la plupart du monde n'en ayant entendu parler que sous le nom d'ATHA- MB, Je n'ai pas Jugé à propos de la leur présenter sous un autre Utre, puisque d'ailleurs Athalie y Joue un personnage si considérable , et que c'est sa mort qui termine la pièce.

Voici une partie des principaux événements qui devancèrent cette grande action.

Joram , roi de Juda , fils de Josaphat , et le septième roi de la race de David , épousa Athalie , fille d'Achab et de Jézabel , qui régnaient en l.4raCl, fameux l'un et l'autre, mais principalement Jézabel, par leurs sanglantes persécution^ contre les prophètes. Athalie , non moins impie que sa mère , entraîna bientôt le roi son mari dans lldolfttrle , et fit même construire dans Jémsalem un temple à Baal , qui était le dieu do pays de Tyr et de SIdon , où Jézabel avait pris naissance. Joram , après avoir vu périr par les mains des Arabes et des Philistins tons les princes ses enfants , à la réserve d'Ochozias, mourut lui-même mlsérablemcul

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d'une lungue maladie qui lui consuma les entrailles. Sa mort funeste n empêcha pas Ochozlas d'imiter son impiété et ceite d'Athaiie sa mérc. Mais ce prince, après avoir régné seulement un an, étant ailé rendre visite au roi d'Israël, frère d'Athaiie, fut enveloppé dans la ruine de la maison d'Achab, et tué par l'ordre de Jéhu, que Dieu avait fait sacrer par ses prophètes , pour régner sur Israël . et pour être te ministre de ses vengaances. Jéha extermina toute la postérité d'Achab , et fit Jeter par les fenêtres Jézabel, qui, selon la prédiction d'Élle, fut mangée des cbiens dans la vigne de ne même Naboth qu'elle avait dit mourir autrefols pour s'emparer de son héritage. Athalie , ayant appris à Jérusalem tous ses massacres . entreprit de son c6té d'éteindre entièrement la race royale de David, en faisant mourir tous les enfants d'Ocbozlas , ses petltstils. Mais heureusement Josabet, sœur d'Ochozlas, et fille de Joram, mais d'une antre mère qu'Athalte, étant arrivée lorsqu'on égorgeait les princes ses neveux, trouva moyen de dérober du milieu des morts le petit Joas encore à la mamelle, et le confia avec sa nourrice au grand prêtre son mari , qui les cacha tous deux dans le temple , où l'enfant fut élevé secrètement Jusqu'au Jour qu'il fut proclamé roi de Juda. L'iiistolrc des rois dit que ce fut la septième année d'après. Mais le texte grec des Paralipomènes , que Sévère Sulpice a suivi, dit que ce fut la hitUiâipc. C'est ce qui m'a autorisé à donner à ce prince neuf à dix. ans, pour le mettre déJA en état de répondre aux questions qu'on lui fait.

Je crois ne lui avoir rien fait dire qui soit au-dessus de la portée d'un enfant de cet Age qui a de l'esprit et de la mémoire. Mais, quand J'aurais été un peu au delà, U faut considérer que c'est ici un enfant tout extraordinaire, élevé dans le temple par un grand prêtre qui, le regardant comme l'unique espérance de sa nation, l'avait instruit de bonne lieurc dans tous les devoirs de la religion et de la royauté. U n'en était pas de même des enfants des Juifs, que de la plupart des nôtres : on leur apprenait les saintes lettres, non-seulement dès qu'ils avaient atteint ruxagc delà raison, mais, pour me servir de l'expression de saint Paul, dès la mamelle. Chaque Juif était obligé d'écrire une fois en sa vie de sa propre luain le volume de la loi tout entier. Les rois étaient même obligés de l'écrire deux fols ; et il leur était enjoint de l'avoUr continuellement devant les yeux. Je puis dire ici que la France voit en la personne d'un prince de hult^nset demi, qui fait aujourd'hui ses plus chères délices, un exemple Illustre de ce que peut dans un enfant un heureux naturel aidé d'une excellente éducation; et que si J'avais donné au petit Jua.s la même vivacité et le même discernement qui brillent dans les repar tics de ce Jeune prince , on m'aurait accusé avec raison d'avoir péché contre les règles de la vraisemblance.

L'âge de Zacharie , fils du grand prêtre, n'étant point marqué, on peut lui supposer, si l'on veut, deux outroiit ans de plus qu'à Joas.

J'ai suivi l'explication de plusieurs commentateurs fort lia biles , qui prouvcAt, par le texte même de l'Écriture , que tous ces soldats à qui Jnlada, ou Joad, comme il est appelé dans Joseph , fit prendre les armes consacrées à Dieu par David, étalent autant, de prêtres et de lévites, aussi bien que les cinq centeniers quilcft commandaient. En effet . disent ces interprètes , tout devait être saint dans une si sainte action , et aucun profane n'y devait être employé. Il s'y agissait non-seulement de conserver le sceptre dans la maison de David , mais encore de conserver à ce grand roi cette suite de descendants dont devait naître le Messie. » Car ce Messie, tant de fois prouiis comme lljs d'Abraham , do>

ATHALIE

TRAGÉDIE, (irai.)

ACTEURS

JOAS , roi de Juda , ÛIs d'Ochozlas.

ATHALIE , veuve de Joram , aïeule de Joas.

JOAD , autrement JOIADA , grand prêtre.

JOSABET, tante de Joas, femme do grand prêtre.

ZACHARIE, fils de Joad et de Josabet.

SALOMITH , S(jeur de Zacharie.

ABNER, l'un des principaux officiers des rois de Juda.

AZARIAS, ISMAEL» et les TROIS AUTRES CHEFS des prêtres

et des lévites.

MATHAN , prêtre apostat , sacrificateur de Baal. NABAL, confident de Mathan.

AGAR , femme de la suite d^Athalle.

TRODPE de prêtres et de iêvUes.

SUITE d'Athalie.

LA NOURRICE de Joas.

CHOEUR de Jeunes filles de la tribu de Lévi.

1^ s«*.ène est dans le temple de Jérosalem ; dans un vestibule de l'ap*

partement du grand prèlre.

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