‹ Théâtre complet de J. RacineChapitre 659 sur 716 · ACTE PREMIER · texte numérisé non relu

ACTE PREMIER

SGËNË I.

JOAJ>,ABN£R.

ABNER

Oui y je viens dans son temple adorer TÉtemel ; Je Tiens , selon Fasage antique et solennel , Célébrer ayec tous la fameuse journée Oii sur le mont Sina la loi nous fut donnée. Que les temps sont changés ! Sitôt que de ce jour La trompette sacrée annonçait le retour. Du temple, orné partout de festons magnifiques. Le peuple saint en foule inondait les portiques ; Et tous, deTant Tautel avec ordre introduits,

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De leurs champs dans leurs mains portant les nouveaux fniits,

AU Dieu de ruuivers consacraient ces prémices :

Les prêtres ne pouvaient suffire aux sacrifices.

L'audace d'une fenune , arrêtant ce concours ,

En des jours ténébreux a changé ces beaux jours.

D'adorateurs zélés à peine un petit nombre

Ose des premiers temps nous retracer quelque ombre :

Le reste pour son Dieu montre un oubli fatal ;

Ou même , s'empressant aux autels de Baal , .

Se fait initier à ses honteux mystères ,

Et blasphème le nom qu'ont invoqué leurs pères.

Je tremble qu'Athalie , à ne vous rien caclter ,

Vous-même de l'autel vous faisant arracher, y • a^ ^ '

N'achève enfin sur vous ses vengeances funestes ,

Et d'un respect forcé ne dépouille les testes.

JOAD

D'où vous vient aujourd'hui ce noir pressentiment?

ABNER

Pensez- vous être saint et juste impunément? Dès longten\ps elle hait cette fermeté rare Qui rehausse en Joad l'éclat de la tiare : Dès longtemps votre amour pour la religion Est traité de révolte et de sédition.

Du mérite éclatant cette reine jalouse fiait sui^ut Josabet votre fidèle épouse : ^ fdu grand prêtre Aarou^jQad-^t successeur, De notre dernier roi Josabet est la sœur. Malhan d'ailleurs, Mathan, ce prêtre sacrilège, Plus méchant qu'Athalie, à toute heure l'assiège; Mathan , de nos autels infitoie déserteur. Et de toute vertu zélé persécuteur.

C'est peu que , le front ceint d'une mitre étrangère , Ce lévite à Baal prête son mmistère ; Ce temple l'importune, et son impiété Voudrait anéantir le Dieu qu'il a quitté. Pour vous perdre il n'est point de ressorts qu'il n'invente Quelquefois il vous plaint, souvent même il vous vante; Il affecte pour vous une fausse douceur; Et, par là de son fiel colorant la noirceur, Tantôt à cette reine il vous peint redoutable; Tantôt , voyant pour Tor sa soif insatiable ,

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