‹ Théâtre complet de J. RacineChapitre 696 sur 716 · SCÈNE L · texte numérisé non relu

SCÈNE L

JOAS, JOSABET , ZACHARIE, SALOMITH , UN LÉVITE,

LE CHŒUR

SALOMITH.

D'un pas mijestueux , à côté de ma mère.

Le jeane Éliacm s'avance avec mon frère.

Dans ces Tofles , mes sœors , ({ue portent-ils tous deux ?

Quel est ce^uYÇ enfin qui marche devant eux ?

JOSABET, à Zacharie.

Mon fils , avec respect posez sur cette table De notre sainte loi le livre redoutable. Et vous aussi, posez, aimable ÉUadn, Cet auguste bandeau près du livre 4ivin. Lévite, il fout placer ( Joad ainsi Pordonne) Le glaive de David auprès de sa couronne.

JOAS. j

Princesse , qudi est donc ce spectacle nouveau ? Pourquoi ce livre saint , ce glaive , ce bandeau? j

Depuis que le Seigneur m'a reçu dans son temple , « j

D'un semblable appareil je n'ai point vu d'exemple.

JOSABET. '

Tous vos doutes , mon fils , bientôt s'édairciront.

JOAS

Vous voulez essayer ce bandeau sur mon front? :

Ah princesse ! gardez d'en profaner la gloire ! Du roi qui l'a porté respectez la mémoire. Un malheureux enfant aux ours abandonné... JOSABET, lui essayant le diadème.

Laissez , mon fils : je fais ce qui m'est ordonné.

JOAS

Mais j'entends les sanglots sortir de votre bouche l Princesse , vous pleurez ! quelle pitié vous touche? Est-ce qu'en holocauste aujourd'hui présenté Je dois , comine autrefois la fille de Jephté , Du Seigneur par ma mort apaiser la colère? Hélas ! un fils n'a rien qui ne soit à son père.

Page 1