ACTE IV , SCÈNE ÏII
JOAD
Est (les rois de Juda rhéritier véritable , Dernier né des enfants da triste Ocliozias, Nourri , TOUS le sa?^ , sous le nom de Joas. De cette fleur si tendre, et sitôt moissonnée Tout Juda , comme vous , plaignant la destinée , Avec ses frères morts le crut cnvek^é.
Du perfide couteau conmie eux il fut fVappé : Mais Dieu du coup mortel sut détourner l'atteinte, Conserva dans son cœur la chaleur presque éteinte , Permit que , des bourreaux trompant rœil vigjUant , Josabet dans son sdn remportai tout sanglant , Et y n'ayant de son vol que moi seul pour complice , Dans le temple cachât Tenfant et la nourrice.
iOAS.
Hélas ! de tant d'amour et de tant de bienfaits , Mon père , quel moyen de m'acquitter jamais?
JOAD
Gardez pour d'autres temps cette reconnaissance. Voilà donc votre roi , votre unicpie espérance : J'ai pris soin jusqu'ici de vous le conserver ; Ministres du Sei^eur, c'est à vous d'achever. Bientôt de Jézabel la fille meurtrière , Instruite que Joas voit enoor la lumière , Dans l'horreur du tombeau viendra le replonger : Déjà , sans^ le connaître , elle veut l'égorger. Prêtres saints, c'est à vous de prévenir sa rage : n faut finir des Juifs le honteux esclavage , Venger vos princes morts , relever votre loi , Et faire aux deux tribus reconnaître leur roi. L'entreprise , sans doute , est grande et périlleuse ; J'attaque sur son trône une reine ofgneiUeuse, Qui voit sous ses drapeaux marcher un camp nombreux De hardis étrangers , d'infidèles Hébreux : Mais ma foroa^^au pieu dont l'intérêt me guide. Songez qu'en cet enfant tout Israël réside. Déjà ce Dieu vengeur commence à la troubler ; Déjà , trompant ses soins, j'ai su vous rassembler : Elle nous croit ici sans armes , sans défense. Couronnons , proclamons Joas en diligence : De là , du nouveau prince intrépides soldats.
4148 ATHALIË.
Marchons ^ en invoquant Tarbitre des combats ; Et , réveillant la foi dans les cœurs endormie , ^^-Jusgue dans son palais cherchons notre ennemfe. Et quels cfleurs si plongés dans un lâche sommeU^ Nous voyant avancer dans ce safait appardl , Ne s'empresseront pas à suivre notre exemple ! Un roi , que Dieu lui-même a nourri dans son temple ; Le successeur d'Aaron , de «es prêtres suivi , Conduisant au combat les enfanta de Lévi ; £t , dans ces mêmes mains des peuples révérées , Les armes au Seigneur par David consacrées ! Dieu sur ses ennemis répandra sa terreor. a
Dans rinfidèle sang baignes-vons sans horreur ; / Frappez et Tyriens et même Israélites.
Ne descendez^ous pas de ces fameux lévites Qui , lorsqu'au dieu du Nil le volage Israël Rendit dans le désert un culte criminel , De leurs plus chers parents saintement homicides , Ck)nsacrèrent leurs mains dans le sang des perfides , £t par ce noble exploit vous acquirent l'honneur D*étre seuls employés aux autels du Seigneur?
Mais je vois que déjà vous brûlez de me suivre. Jurez donc avant tout sur cet auguste livre» A ce roi que le ciel vous redonne aujourd'hui , De vivre , de combattre , et de mourir pour lui.
AZ4RIAS , au bout de la table , ajani la maio sur le livre saint. Oui , nous jurons ici pour nous , pour tous nos frères , De rétablir Joas au trêne de ses pères , De ne poser le fer entre nos mains remis , Qu'après l'avoir vengé de tous ses ennemis. Si quelque transgresseur enfreint cette promesse , Qu'il éprouve » grand Dieu» ta fureur vengeresse ; Qu'avec lui ses enflants , de ton partage exclus , ^ ' Soient au rang de ces morts que tu ne connais plus l
"" *• ^ JOAD
mt vous , à èette loi , votre règle éternelle , Roi , ne jurez-vous pas d'être toujours fidèle?
JOAS
Pourrais-je à cette loi ne me pas conformer?
JOAD
O mon fils , de ce nom j'ose encor vous nommer^