ACHILLE, CLYTEMNESTRE, IPHIGÉNIE, ÉRIPHILE, DORIS, ^GINE
Achille.
Princesse, mon bonheur ne dépend que de vous ; Votre père à l'autel vous destine un époux : Venez y recevoir un cœur qui vous adore.
Iphigénie.
Seigneur, il n'est pas temps que nous partions encore. La reine permettra que j'ose demander Un gage à votre amour, qu'il me doit accorder. Je viens vous présenter une jeune princesse. Le Ciel a sur son front imprimé sa noblesse. De larmes tous les jours ses yeux sont arrosés. Vous savez ses malheurs, vous les avez causés. Moi-même (où m'emportait une aveugle colère ?) J'ai tantôt sans respect affligé sa misère. Que ne puis-je aussi bien, par d'utiles secours, Réparer promptement mes injustes discours ! Je lui prête ma voix, je ne puis davantage: Vous seul pouvez. Seigneur, détruire votre ouvrage. Elle est votre captive, et ses fers, que je plains. Quand vous l'ordonnerez, tomberont de ses mains. Commencez donc parla cette heureuse journée. Qu'elle puisse à nous voir n'être plus condamnée. Montrez que je vais suivre au pied de nos autels Un roi qui, non content d'effrayer les mortels, A des embrasements ne borne point sa gloire, Laisse aux pleurs d'une époTise attendrir sa victoire, Et, par les malheureux quelquefois désarmé. Sait imiter en tout les dieux qui l'ont formé. j
ÉiiiPHiLE. jm
Oui, Seigneur, des douleurs soulagez la plus vive La guerre dans Lesbos me fit votre captive ; Mais c'est pousser trop loin ses droits injurieux Qu'y joindre le tourment que je souffre en ces lieux.
Achille.
Vous, Madame 1