‹ Theatre complet de Jean RacineChapitre 128 sur 305 · ACTE III, SCÈNE V · texte numérisé non relu

ACTE III, SCÈNE V

Ériphile.

Oui, Seigneur; et, sans compter le reste, Pouvez-vous m'imposer une loi plus funeste Que de rendre mes yeux les tristes spectateurs De la félicité de mes persécuteurs ?

J'entends de toutes parts menacer ma patrie ; Je vois marcher contre elle une armée en furie ; Je vois déjà l'hymen, pour mieux me déchirer. Mettre en vos mains le feu qui la doit dévorer. Souffrez que, loin du camp et loin de votre vue. Toujours infortunée et toujours inconnue. J'aille cacher un sort si digne de pitié, Et dont mes pleurs encor vous taisent la moitié.

ACHaLE.

C'est trop, belle Princesse. Il ne faut que nous suivre. Venez, qu'aux yeux des Grecs Achille vous délivre, Et que le doux moment de ma félicité Soit le moment heureux de votre liberté.

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