ACTE V, SCÈNE IV m
Présenter, pour tout fruit d'un déplorable effort, Un spectacle à mes yeux plus cruel que la mort. Allez. Laissez aux Grecs achever leur ouvrage, Et quittez pour jamais un malheureux rivage. Du bûcher qui m'attend, trop voisin de ces lieux, La flamme de trop près viendrait frapper vos yeux. Surtout, si vous m'aimez, par cet amour de mère, Ne reprochez jamais mon trépas à mon père.
Clytemnestre.
Lui! par qui votre cœur, à Calchas présenté...
Iphigénie.
Pour me rendre à vos pleurs que n'a-t-il point tenté?
Clytemnestre.
Par quelle trahison le cruel m'a déçue !
Iphigénie.
Il me cédait aux dieux, dont il m'avait reçue. Ma mort n'emporte pas tout le fruit de vos feux. De l'amour qui vous joint vous avez d'autres nœuds : Vos yeux me reverront dans Oreste mon frère. Puisse-t-il être, hélas ! moins funeste à sa mère !
D'un peuple impatient vous entendez la voix. Daignez m'ouvrir vos bras pour la dernière fois, Madame, et, rappelant votre vertu sublime... Eurybate, à l'autel conduisez la victime.