‹ Theatre complet de Jean RacineChapitre 157 sur 305 · ACTE V, SCÈNE VI · texte numérisé non relu

ACTE V, SCÈNE VI

Furieuse, elle vole, et sur l'autel prochain Prend le sacré couteau, le plonge dans son sein. A peine son sang coule et fait rougir la terre, Les dieux font sur l'autel entendre le tonnerre, Les vents agitent l'air d'heureux frémissements, Et la mer leur répond par ses mugissements. La rive au loin gémit, blanchissante d'écume. La flamme du bûcher d'elle-même s'allume. Le ciel brille d'éclairs, s'entr'ouve, et parmi nous Jette une sainte horreur ' qui nous rassure tous. Le soldat, étonné, dit que dans une nue Jusque sur le bûcher Diane est descendue, Et croit que, s'élevant au travers de ses feux. Elle portait au ciel notre encens et nos vœux. Tout s'empresse, tout part. La seule Iphigénie, Dans ce commun bonheur, pleure son ennemie. Des mains d'Agamemnon venez la recevoir ; Venez : Achille et lui, brûlants de vous revoir, Madame, et désormais tous deux d'intelligence, Sont prêts à confirmer leur auguste alliance.

Clytemnestre.

Par quel prix, quel encens, ô Ciel, puis-je jamais Récompenser Achille, et payer tes bienfaits I

Page 1