‹ Theatre complet de Jean RacineChapitre 212 sur 305 · ACTE I, SCÈNE II · texte numérisé non relu

ACTE I, SCÈNE II

TOCTES DEUX.

Courons, mes sœurs, obéissons.

La reine nous appelle.

Allom, rangeons-nous auprès d'elle.

Tout le cuœur, entrant sur la scène par plusieurs endroits différents.

La reine nous appelle, Allons, rangeons-nous auprès d'elle.

Élise.

Ciel 1 quel nombreux essaim d'innocentes beautés S'offre à mes yeux en foule, et sort de tous côtés ! Quel aimable pudeur sur leur visage est peinte ! Prospérez, cher espoir d'une nation sainte. Puissent jusques au ciel vos soupirs innocents Monter comme l'odeur d'un agréable encens ! Que Dieu jette sur vous des regards pacifiques !

Mes ûUes, chantez-nous quelqu'un de ces cantiques Où vos voix si souvent, se mêlant à mes pleurs, De la triste Sion célèbrent les malheurs.

Une Israélite, seule, chante.

Déplorable Sion, qu'as-tu fait de ta gloire ?

Tout Uunivers admirait ta splendeur.

Tu n'es plus que poussière; et de cette grandeur Il ne nous reste plus que la triste mémoire. Sioti, jusques au ciel élevée autrefois,

Jusqu'aux: enfers maintenant abaissée,

Puissé-je demeurer sans voix.

Si dans mes chants ta douleur retracée Jusqu'au dernier soupir n'occupe ma pensée I

Tout le Chœur.

0 rives du Jourdain ! ô champs aimés des Ciewjc Sacrés monts, fertiles vallées Par cent miracles signalées!

Du doux pays de nos aieux Serons-nous toujours exilées ?

Une Israélite, seule.

Quand verrai-je, ô Sion, relever tes remparts, Et de tes tours les magnifiques faites ? Quand verrai-je de toutes parts Tes peuples en chantant accourir à tes fêtes ?

Tout le Cuœur.

0 rives du Jourdain t ô champs aimés des deux I Sacrés monts, fertiles vallées Par cent miracles signalées I Du doux pays de nos aïeux Serons-nous toujours exilées ?

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