‹ Theatre complet de Jean RacineChapitre 216 sur 305 · LE CHOEUR · texte numérisé non relu

LE CHOEUR

Une Israélite, seule.

Pleurons et gémissons, mes fidèles compagnes; A nos sanglots donnons un libre couis.

Levons les yeux vers les saintes montagnes

D'où l'innocence attend tout son secours. 0 mortelles alarmes I Tout Israël périt. Pleurez, mes tristes yeux : Il ne fut jamais sous les cieux Un si juste sujet de larmes.

Tout le Chœur.

0 mortelles alarmes !

Une autre Israélite. N'était-ce pas assez qu'un vainqueur odieux De l'auguste Sion eut détruit tous les charmes, Et traîné ses enfants captifs en mille lieux ? Tout le Chœur.

0 mortelles alarmes !

La même Israélite.

Faibles agneaux livrés à des loups furieux. Nos soupirs sont nos seules armes.

Tout le Chœur.

0 mortelles alarmes !

Une des Israélites.

Arrachons, déchirons tous ces vains ornements Qui parent notre tête.

Une autre.

Revêtons-nous d'habillements Conformes à l'horrible fête Que l'impie Aman nous apprête.

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