‹ Theatre complet de Jean RacineChapitre 22 sur 305 · ACTE III, SCÈNE UI · texte numérisé non relu

ACTE III, SCÈNE UI

Déjà sur un vaisseau, dans le port préparé, Chargeant de mon débris' les reliques plus chères, Je méditais ma fuite aux terres étrangères. Dans ce triste dessein, au palais rappelé, Plein de joie et d'espoir, j'ai couru, j'ai volé. La porte du sérail à ma voix s'est ouverte, Et d'abord une esclave à mes yeux s'est offerte, Qui m'a conduit sans bruit dans un appartement Où Roxane attentive écoutait son amant.

Tout gardait devant eux un auguste silence. Moi-même, résistant à mon impatience, Et respectant de loin leur secret entretien, J'ai longtemps immobile observé leur maintien. Enfin, avec des yeux qui découvraient son âme. L'une a tendu la main pour gage de sa flamme. L'autre, avec des regards éloquents, pleins d'amour, L'a de ses feux. Madame assurée à son tour.

Atalide.

Hélas !

ACOMAT

Ils m'ont alors aperçu l'un et l'autre, c Voilà, m'a-t-elle dit, votre prince et le nôtre. Je vais, brave Acomat, le remettre en vos mains. Allez lui préparer les honneurs souverains. Qu'un peuple obéissant l'attende dans le temple. Le sérail va bientôt vous en donner l'exemple ». Aux pieds de Bajazet alors je suis tombé. Et soudain à leurs yeux je me suis dérobé. Trop heureux d'avoir pu, par un récit fidèle, De leur paix en passant vous conter la nouvelle, Et m'acquitter vers vous de mes respects profonds, Je vans le couronner. Madame, et j'en réponds.

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