‹ Theatre complet de Jean RacineChapitre 21 sur 305 · SCENE IL ATALIDE, ACOMAT, ZAÏRE · texte numérisé non relu

SCENE IL ATALIDE, ACOMAT, ZAÏRE

ACOMAT

Enfin nos amants sont d'accord, Madame. Un calme heureux nous remet dans le port. La sultane a laissé désarmer sa colère. Elle m'a déclaré sa volonté dernière ; Et, tandis qu'elle montre au peuple épouvanté Du prophète divin l'étendard redouté, Qu'à marcher sur mes pas Bajazet se dispose. Je vais de ce signal faire entendre la cause. Remplir tous les esprits d'une juste terreur, Et proclamer enfin le nouvel empereur.

Cependant permettez que je vous renouvelle Le souvenir du prix qu'on promit à mon zèle N'attendez point de moi ces doux emportements. Tels que j'en vois paraître au cœur de ces amants. Mais, si par d'autres soins plus dignes de mon âge, Par de profonds respects, par un long esclavage. Tel que nou3 le devons au sang do nos sultans. Je puis...

Atalide.

Vous m'en pourrez instruire avec le temps ; Avec le temps aussi vous pourre-î me connaître. Mais quels sont ces transports qu'ils vous ont fait paraître ?

ACOMAT

Madame, doutez-vous des soupirs enflammés De deux jeunes amants l'un de l'autre charmés.

Atalide.

Non; mais, à dire vrai, ce miracle m'étonne. Et dit-on à quel prix Roxane lui pardonne ? L'épouse-t-il enfin ?

AcOMAT.

Madame, je le croi.

Voici tout ce qui vient d'arriver devant moi.

Surpris, je l'avouerai, de leur fureur commune, Querellant les amants, l'amour et la fortune, J'étais de ce palais sorti désespéré.

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