ACTE II, SCÈNE VDI
Le lion rugissant est un agneau paisible. Dieu, notre Dieu sans doute, a versé dans son cœur Cet esprit de douceur.
Le Cuœur chante.
Dieu, notre Dieu sans doute, a versé dans son cœur Cet esprit de douceur.
La même Israélite chante.
Tel qu'un ruisseau docile Obéit à la main qui détourne son cours, Et, laisssant de ses eaux partager le secours,
Va rendre tout un champ fertile, Dieu de nos volontés arbitre souverain.
Le cœur des rois est ainsi dans ta main. Élise.
Ah! que je crains, mes sœurs, les funestes nuages
Qui de ce prince obscurcissent les yeux ! Comme il est aveuglé du culte de ses dieux !
Une des Israélites.
Il n'atteste jamais que leurs noms odieux.
Une autre.
Aux feux inanimés dont se parent les cieux Il rend de profanes hommages.
Une autre.
Tout son palais est plein de leurs images. Le Chœur chante.
Malheureux ! vous quittez le maître des humains, Pour adorer l'ouvrage de vos mains.
Une IsRAJÉLrrE chante.
Dieu d'Israël, dissipe enfin cette ombre. Des larmes de tes saints quand seras-tu touché ?
Quand sera le voile arraché Qui sur tout l'univers jette une nuit si sombre ? Dieu d'Israël, dissipe enfin cette ombre. Jusqu'à quand seras-tu caché ?
Une des plus jeunes Israélites.
Parlons plus bas, mes sœurs. Ciel ! si quelque infidèle, Écoutant nos discours, nous allait déceler !
Élise.
Quoi ! fille d'Abraham, une crainte mortelle
Semble déjà vous faire chanceler ?
Hé 1 si l'impie Aman, dans sa main homicide
Faisant luire à vos yeux un glaive menaçant, A blasphémer le nom du Tout-Puissant Voulait forcer votre bouche timide ?
Une autre Israélite.
Peut-être Assuérus, frémissant de courroui, Si nous ne courbons les genoux Devant une muette idole, Commandera qu'on vous immole.
Chère sœur, que choisirez-vous ? La jeune Israélite.
Moi I Je pourrais trahir le Dieu que j'aime ? J'adorerais un Dieu sans force et sans vertu, Reste d'un tronc par les vents abattu.
Qui ne peut se sauver lui-même I Le Chœur chante.
Dieux impuissants, dieux sourds, tous ceux qui vous implorent Ne seront jamais entendus.
Que les démons et ceux qui les adorent Soient à jamais détruits et confondus I Une Israélite chante.
Que ma bouche et mon coeur, et tout ce que je suw, Rendent honneur au Dieu qui m'a donné la vie. Dans les craintes, dans les ennuis, En ses bontés mon âme se confie.
Veut-il par mon trépas que je le glorifie ? Que ma bouche et mon coeur, et tout ce que je suiSf Rendent honneur au Dieu qui m'a donné la vie.
Élise.
Je n'admirai jamais la gloire de l'impie. Une autre Israélite.
Au bonheur du méchant qu'une autre porte envie. Élise.
Tous ses jours parciissent charmants.
L'or éclate en ses vêtements.
Son orgueil est sans borne, ainsi que sa richesse. Jamais l'air n'est troublé de ses gémissements. Il s'endort, il s'éveille au son des instruments. Son cœur nage dans la mollesse.
Une autre Israélite.
Pour comble de prospérité, Il espère revivre en sa postérité.