SCENE II
JOAD, JOSABET.
JOAD
Les temps sont accomplis, Princesse, il faut parler. Et votre heureux larcin ne se peut plus celer. Des ennemis de Dieu la coupable insolence, Abusant contre lui de ce profond silence, Accuse trop longtemps ses promesses d'erreur'. Que dis-je ? Le succès animant leur fureur, Jusque sur notre autel votre injuste marâtre'^ Veut offrir à Baal un encens idolâtre.
Montrons ce jeune roi que vos mains ont sauvé, Sous l'aile du Seigneur dans le temple élevé. De nos princes hébreux il aura le courage. Et déjà son esprit a devancé son âge.
Avant que son destin s'explique par ma voix, Je vais l'offrir au Dieu par qui régnent les rois. Aussitôt, assemblant nos lévites, nos prêtres, Je leur déclarerai l'héritier de leurs maîtres.
JOSAEET.
Sait-il déjà son nom et son noble destin ?
JOAD
Il ne répond encore qu'au nom d'Éliacin,
Et se croit quelque enfant rejeté par sa mère,
A qui j'ai par pitié daigné servir de père.
JoSABET.
Hélas ! de quel péril je l'avais su tirer ! Dans quel péril encore est-il prêt de rentrer I
Quoi 1 déjà votre foi s'affaiblit et s'étonne ?
JoSABET.
A vos sages conseils, Seigneur, je m'abandonne.
i. Nous nous sommes permis de corriger ici le texte de 1697, qui, par erreur suivant nous, donne abvLsent au lieu ^'abusant, et accusent au lieu A' accuse.
2. Okosias était fils de Joram et d'Athalie, et Josabet était également fille de Joram. C'est pourquoi Joas appelle Athalie la marâtre de Josabet.