ACTE I, SCÈNE I
iiclas ! nous espérions que de leur race beureuse
Devait sortir de rois une suite nombreuse ;
Que sur toute tribu, sur toute nation,
L'un d'eux établirait sa donaination,
Ferait cesser partout la discorde et la guerre.
Et verrait à ses pieds tous les rois de la terre.
JOAD
Aux promesses du Ciel pourquoi renoncez-vous ?
Abner.
Ce roi fils de David, où le chercherons-nous ? Le Ciel même peut-il réparer les ruines De cet arbre séché jusque dans ses racines ? Athalie étouffa l'enfant même au berceau. Les morts après huit ans sortent-ils du tombeau ".' Ah ! si dans sa fureur elle s'était trompée. Si du sang de nos rois quelque goutte échappée...
JOAD
Eh bien ! que feriez-vous ?
Abner.
0 jour heureux pour moi !
De quelle ardeur j'irais reconnaître mon roi ! Doutez-vous qu'à ses pieds nos tribus empressées... Mais pourquoi me flatter de ces vaines pensées ? Déplorable héritier de ces rois triomphants, Okosias restait seul avec ses enfants.
Par les traits de Jéhu je vis percer le père, Vous avez vu les fils massacrés par la mère.
JOAD
Je ne m'explique point. Mais, quand l'astre du jour Aura sur l'horizon fait le tiers de son tour, Lorsque la troisième heure aux prières rappelle. Retrouvez-vous au temple avec ce même zèle. Dieu pourra vous montrer, par d'importants bienfaits, Que sa parole c?t stable et ne trompe jamais. Allez, pour ce grand jour, il faut que je m'apprête, Et du temple déjà l'aube blanchit le faîte.
Abner.
Quel sera ce bienfait que je ne comprends pas L'illustre Josabet porte vers vous ses pas. Je sors, et vais me joindre à la troupe fidèle Qu'attire de ce jour la pompe solennelle.