‹ Theatre complet de Jean RacineChapitre 257 sur 305 · ACTE I, SCÈNE IV · texte numérisé non relu

ACTE I, SCÈNE IV

Une voix, seule.

7/ donne aux fleurs leur aimable peinture. Il fait naître et mûrir les fruits.

Il leur dispense avec mesure Et la chaleur des jours et la fraîcheur des nuits ; Le champ qui les reçut les rend avec usure.

Une autre.

Il commande au soleil d'animer la nature, Et la lumière est un don de ses inains. Mais sa loi sainte, sa loi pure, Est le plus riche don qu'il ait fait aux humains.

Une autre.

0 mont de Sinai, conserve la mémoire De ce jour à jamais auguste et renommé,

Quand, sur ton sommet enflammé, Dans un nuage épais le Seigneur enfermé Fit luire aux yeux mortels un rayon de sa gloire.

Dis-nous, pourquoi ces feux et ces éclairs. Ces torrents de fumée, et ce bruit dans les airs,

Ces trompettes et ce tonnerre ?

Venait-il renverser l'ordre des éléments ? Sur ses antiques fondements Venait-il ébranler la terre ?

Une autre.

Il venait révéler aux enfants des Hébreux De ses préceptes saints la lumière immortelle

Il venait à ce peuple heureux Ordonner de l'aimer d'une amour éternelle. Tout le Chœur.

0 divine, ô charmante loi !

0 justice, ô bonté suprême I Que de raisons, quelle douceur extrême D'engager à ce Dieu son amour et sa foi ! Une voix, seule.

D'un joug cruel il sauva nos aïeux, Les nourrit au désert d'un pain délicieux. Il nous donne ses lois, il se donne lui-^iême :

Pour tant de biens il commande qu'on l'aime. Le Chœur.

0 justice I ô bonté suprême !

La même vorx.

Des mers pour eux il entrouvrit les eav^, D'un aride rocher fit sortir des ruisseaux. Il nous donne ses lois, il se donne lui-même.

Pour tant de biens il commande qu'on l'aime^. Le Cuœur.

0 divine, à charmante loi 1 Que de raisons, quelle douceur extrême D'engager à son Dieu son amour et sa foi !

Une autre voix, seule.

Vous qui ne connaissez qu'une crainte servile, Ingrats, un Dieu si bon ne peut-il vous charmer ? Est-il donc à vos cœurs, est-il si difficile Et si pénible de V aimer ?

V esclave craint le tyran qui l'outrage; Mais des enfants l'amour est le partage. Vous voulez que ce Dieu vous comble de bienfaits^ Et ne V aimer jamais I

Tout le Chœur.

0 divine, ô charmante loi, etc.

i. Ces quatre vers, qui évidemment doivent être chantés, ont été oirtis dans la partition de Moreau.

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