ACTE III, SCÈNE VH
Soit ce qu'à l'herbe tendre Est, au printemps, la fraîcheur du matin.
JOAD
Cieux, écoutez ma voix ; terre, prête l'oreille.
Ne dis plus, ô Jacob, que ton Seigneur sommeille.
Pécheurs, disparaissez : le Seigneur se réveille.
(Ici recommence la symphonie, et Joad aussitôt reprend la parole).
Comment en un plomb vil l'or pur s'est-il changé * ? Quel est dans ce lieu saint ce pontife égorgé * ? Pleure, Jérusalem, pleure, cité perfide, Des prophètes divins malheureuse homicide. De son amour pour toi ton Dieu s'est dépouillé. Ton encens à ses yeux est un encens souillé.
Où menez-vous ces enfants et ces femmes^? Le Seigneur a détruit la reine des cités. Ses prêtres sont captifs, ses rois sont rejetés ; Dieu ne veut plus qu'on vienne à ses solemnités. Temple, renverse-toi, cèdres, jetez des flammes.
Jérusalem, objet de ma douleur, Quelle main en ce jour* t'a ravi tous tes charmes? Qui changera mes yeux en deux sources de larmes Pour pleurer ton malheur ?
AZARIAS
0 saint temple !
JOSABET.
0 David !
Le Chœur.
Dieu de Sion, rappelle, Rappelle en sa faveur tes antiques bontés.
(La symphonie recommence encore, et Joad un moment après l'interrompt).
Joad.
Quelle Jérusalem nouvelle ^ Sort du fond du désert brillante de clartés,