‹ Theatre complet de Jean RacineChapitre 40 sur 305 · ACTE V SCENE PREMIÈRE · texte numérisé non relu

ACTE V SCENE PREMIÈRE

ATALIDE, seule.

Hélas ! Je cherche en vain, rien ne s'offre à ma vue. Malheureuse I comment puis-je l'avoir perdue ? Ciel, aurais-tu permis que mon funeste amour Exposât mon amant tant de fois en un jour ? Que, pour dernier malheur, cette lettre fatale Fût encor parvenue aux yeux de ma rivale ? J'étais en ce lieu même, et ma timide main, Quand Roxane a paru, l'a cachée en mon sein. Sa présence a surpris mon âme désolée ; Ses menaces, sa voix, un ordre m'a troublée, J'ai senti défaiUir ma force et mes esprits. Ses femmes m'entouraient quand je les ai repris, A mes yeux étonnés leur troupe est disparue. Ah I trop cruelles mains qui m'avez secourue, Vous m'avez vendu cher vos secours inhumains. Et par vous cette lettre a passé dans ses mains. Qu'els desseins maintenant occupent sa pensée? Sur qui sera d'abord sa vengeance exercée ? Quel sang pourra suffire à son ressentiment ? Ah ! Bajazet est mort, ou meurt en ce moment. Cependant on m'arrête, on me tient enfermée. On ouvre. De son sort je vais être informée.

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