ATALIDE, ACOMAT, ZAÏRE, OSMIN
ACOMAT
Ses yeux ne l'ont-ils point séduite ?
^oxane est-elle morte ?
OSMIN
Oui, j'ai vu l'assassin iîetirer son poignard tout fumant de son sein. Drcan, qui méditait ce cruel stratagème, ^a servait à dessein de la perdre elle-même ; U le sultan l'avait chargé secrètement )e lui sacrifier l'amante après l'amant, jui-mêmc, d'aussi loin qu'il nous a vu paraître : : Adorez, a-t-il dit, l'ordre de votre maître, )e son auguste seing reconnaissez les traits, 'erfides, et sortez de ce sacré palais. » i ce discours, laissant la sultane expirante, 1 a marché vers nous, et, d'une main sanglante, 1 nous a déployé l'ordre dont Amurat autorise ce monstre à ce double attentat, lais. Seigneur, sans vouloir l'écouter davantage, fransportés à la fois de douleur et de rage, fos bras impatients ont puni son forfait, ilt vengé dans son sang la mort de Bajazet.
Atâlide.
tajazet I
Que dis-tu?
ACOMAT
OsMIN.
Bajazet est sans vie.
-.'ignoriez vous?
Atalide.' 0 Ciel !
OSMIN
Son amante en furie *rès de ce lieu. Seigneur, craignant votre secours. Uait au nœud fatal abandonné ses jours, iloi-même des objets j'ai vu le plus funeste.
6i BAJAZET
Et de sa vie en vain j'ai cherché quelque reste.
Bajazet était mort. Nous l'avons rencontré
De morts et de mourants noblement entouré,
Que, vengeant sa défaite, et cédant sous le nombre,
Ce héros a forcés d'accompagner son ombre.
Mais, puisque c'en est fait, Seigneur, songeons à nous.
ACOMAT
Ah I destins ennemis, où me réduisez-vous !
Je sais en Bajazet la perte que vous faites, Madame. Je sais trop qu'en l'état où vous êtes, 11 ne m'appartient point de vous offrir l'appui De quelques malheureux qui n'espéraient qu'en lui. Saisi, désespéré d'une mort qui m'accable, Je vais non point sauver cette tête coupable, Mais, redevable aux soins de mes tristes amis, Défendre jusqu'au bout leurs jours qu'ils m'ont commis. Pour vous, si vous voulez qu'en quelqu'autre contrée Nous allions confier votre tête sacrée.
Madame, consultez. Maîtres * de ce palais, Mes fidèles amis attendront vos souhaits. Et moi, pour ne point perdre un temps si salutaire, Je cours où ma présence est encor nécessaire, Et, jusqu'au pied des murs que la mer vient laver. Sur mes vaisseaux tout prêts je viens vous retrouver.