Théátre complet de M. de Voltaire. 9
Avec Pèrmissio^ M. Rameau > le plus grand muficien de France, mit cet opéra en mufique vers l’an 1732. On était prêt de le jouer, lorque la même cabale qui depuis fitfufpendre les représentations de Mahomet ou du Fanatifme, empêcha qu’on ne repréfentât l’opéra de Samfon. Et tandis qu’on permettait que ce fujet parût fur le théâtre de la comédie italienne, & que Samfon y fit des miracles conjointement avec Arlequin , on ne permit pas que ce même fujet fût ennobli fur le théâtre de l’Académie de mufique.
Le muficien employa depuis prefque tous les airs de Samfon dans d’autres compofitions lyriques , que l'envie n’a pas pu fupprimer.
On publie ce poème dénué de fon plus grand charme ; & on le donne feulement comme une efquife d’un genre extraordinaire. C'eft la feule excufe peut-être de l'impresion d’un ouvrage fait plutôt pour être chanté que pour être lu. Les noms de Vénus & ^Adonis trouvent dans cette tragédie une place plus naturelle qu’on ne le croirait d’abord : c’eft en effet fur leurs terres que l'action fe paffe.
Cicéron , dans fon excellent livre de la Nature des Dieux, dit que la déefe A farté 9 révérée des Syriens , était Vénus même, & qu’elle époufa Adonis. On fait de plus qu’on célébrait la fête d’ Adonis chez les Philiftins.Ainfi , ce qui ferait ailleurs un mélange abfurde du profâne & du facré, fe place ici de foi-même»
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