Z E L I D E , T A N I S , PHANOR
Z E L i d E inhumaine, cruelle !
C'eft ainfi que je fuis trahi !
J'avais tout fait pour vous ; l’amour m’en a puni. Sous les lois d'un pafteur un vil amour vous range! Ah/ fi vous ne craignez dans vos indignes fers
Les reproches de l'univers.
Craignez au moins que je me venge.
Vous venger ! & de qui ?
Calmez ce vain courroux:
Je ne crains l’univers ni vous.
Je dois avouer que je l’aime.
Prétendez-vous forcer un cœur
Qui ne dépend que de lui-même ?
Êtes-vous mon tyran plus que mon défenfeur J Pardonnez à l’amour: il règne avec caprice;
il enchaîne à ion choix 256 T A N I S ET Z E L I D E.
Les cœurs des bergers & des rois.
Un berger tel que lui n’a rien dont je rougiffe.
Ah ! je rougis pour vous de votre aveuglement.
Mais frémifez du tourment qui m’accable ;
Vous avez fait du plus fidèle amant
L’ennemi le plus implacable.
L'afile où l’on trahit ma foi Ne vous défendra pas de ma rage inflexible..
Nous verrons fi l’amant dont vous fuivez la lot
Paraîtra toujours invincible, Comme il le fut toujours en combattant fous moi
Vous pouvez l’éprouver, & dès ce moment même.
Quel plus beau champ pour la valeur.
Il eft doux de combattre aux yeux de ce qu’on aime.
Ne différez pas mon bonheur.
PHANOR
C’en eft trop , & mon bras.....
Z E L I D E j l'arrêtant.
Barbare que vous êtes s
Percez plutôt ce cœur plein de trouble & d’ennui