‹ Théátre complet de M. de Voltaire. 9Chapitre 112 sur 192 · T AN I S, LE CHŒUR DES BERGERS · texte numérisé non relu

T AN I S, LE CHŒUR DES BERGERS

LE C H OE U R

J A M A i s l’Amour n'a remporté

Une victoire plus brillante.

Je dois attendre ici la Beauté qui m’enchante ; Que ces momens font lents à mon cœur agité/

Le C h oe u r.

Zélide a dédaigné la grandeur éclatante:

Zélide ef comme nous, elle eft fimple & confiante ;

Et fes vertus égalent fa beauté.

Grand CHOEUR.

Jamais l’Amour n’a remporté

Une victoire plus brillante.

Un Berger.

Dans le prochain bocage orné par fes appas; La pompe de l’hymen , & fon bonheur s’apprête ;

Nos Bergers parent fa tête

Des fleurs qui naiffent fous fes pas.

Phanor avec les fiens a quitté nos afiles;

La difcorde fuit pour jamais.

L’Hymen, le tendre Amour, & les Dieux , & la Paix ;

Nous affurent des jours tranquilles.

Dans ce fortuné féjour,

Les timbales & les mufettes.

Les fceptres des Rois , les houlettes

Sont unis des mains de l’Amour.

Une BERGERE.

Bientôt, félon l’ufage établi parmi nous, Les payeurs confacrés aux Dieux [de nos ancêtres;

Au fon de leurs flûtes champêtres.

Vont amener Zélide à fon heureux époux.

Viens, vole, cher objet! c'eft l’amour qui t’appelle. Nos chiffres font tracés fur de jeunes ormeaux; Le tems les verra croître, & les rendra plus beaux ; Sans pouvoir ajouter à mon amour fidèle.

Ces gazons font plus verts ; une grâce nouvelle

Anime le chant des oifeaux.

Viens , vole , cher objet! c’eft l’amour qui t'appelle. s=== ======== ■ ========

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