TANIS & LE C H OE U R
Ciel ! quels maux nous annoncez-vous ?
Cleofis.
Des foldats de Memphis , & ton rival jaloux.,; Ceux qui ‘n'auraient of combattre contre nous.. 262 TAN1S ET ZELIDE Eh bien?
Ils ont trahi notre fimple innocence/ Ils t’enlèvent Zélide!
O fureur ! ô vengeance ’
Le CHOEUR.
Ils l’enlèvent... ô Dieux !
Courons , amis, puniffons cet outrage.
Sur un vaiffeau cache près du rivage
ils ont fendu les flots impétueux.
Sur la foi des fermens nous demeurions tranquilles: C'eit la première fois qu’ils ont été trahis !
Dans le fein de ces doux afiles , Elle invoquait les Dieux: elle appelait Tanis ;
Nous ne répondions à fes cris
Que par des fanglots inutiles.
Tanis.
Grands Dieux! voilà les maux que vous m'ayiez
promis!
Je les verrai ces murs malheureux- & coupables : Ces implacables Dieux , ces Mages inhumains,
Ces Mages affreux dont les mains
Versent le fang des misérables.
Amis, c'eft là qu’il faut mourir.
On ne peut vous dompter: on ole vous trahir.
Détruifons cette ville impie.
Amis, c’eft à votre valeur
De punir cette perfidie;
Amis, c’ef à votre valeur
De fervir ma jufte fureur.
Le CHOEUR.
Nous allons tous chercher la mort ou la vengeance.
Nous marchons fous fon étendard.
Vengeons l’amour, & vengeons l’innocence ;
Mais craignons d’arriver trop tard.
Il faut franchir ce mont inacceffible, Et Memphis à nos yeux ef un autre univers.
L’Amour ne voit rien d'impoffible;
Tous les chemins lui font ouverts :
Il traverfe la terre & Fonde ;
Il pénètre au fein des enfers ;
il franchit les bornes du monde.' Croyez-en les tranfports de mon cœur outragé. Memphis me verra mort, ou me verra vengé.
Que vois-je ? quel heureux préfage ?
Nos Dieux tournent fur moi les plus tendres regards!
Dieux , dont la bonté m’encourage , Je fuis l’Amour & vous ; tout m’anime , je pars.
Fin du troificme A^e, O)aaasAAsAaA2$3,32@ V *s“s“ssYss“ss“ssUs