‹ Théátre complet de M. de Voltaire. 9Chapitre 113 sur 192 · TANIS & LE C H OE U R · texte numérisé non relu

TANIS & LE C H OE U R

Ciel ! quels maux nous annoncez-vous ?

Cleofis.

Des foldats de Memphis , & ton rival jaloux.,; Ceux qui ‘n'auraient of combattre contre nous.. 262 TAN1S ET ZELIDE Eh bien?

Ils ont trahi notre fimple innocence/ Ils t’enlèvent Zélide!

O fureur ! ô vengeance ’

Le CHOEUR.

Ils l’enlèvent... ô Dieux !

Courons , amis, puniffons cet outrage.

Sur un vaiffeau cache près du rivage

ils ont fendu les flots impétueux.

Sur la foi des fermens nous demeurions tranquilles: C'eit la première fois qu’ils ont été trahis !

Dans le fein de ces doux afiles , Elle invoquait les Dieux: elle appelait Tanis ;

Nous ne répondions à fes cris

Que par des fanglots inutiles.

Tanis.

Grands Dieux! voilà les maux que vous m'ayiez

promis!

Je les verrai ces murs malheureux- & coupables : Ces implacables Dieux , ces Mages inhumains,

Ces Mages affreux dont les mains

Versent le fang des misérables.

Amis, c'eft là qu’il faut mourir.

On ne peut vous dompter: on ole vous trahir.

Détruifons cette ville impie.

Amis, c’eft à votre valeur

De punir cette perfidie;

Amis, c’ef à votre valeur

De fervir ma jufte fureur.

Le CHOEUR.

Nous allons tous chercher la mort ou la vengeance.

Nous marchons fous fon étendard.

Vengeons l’amour, & vengeons l’innocence ;

Mais craignons d’arriver trop tard.

Il faut franchir ce mont inacceffible, Et Memphis à nos yeux ef un autre univers.

L’Amour ne voit rien d'impoffible;

Tous les chemins lui font ouverts :

Il traverfe la terre & Fonde ;

Il pénètre au fein des enfers ;

il franchit les bornes du monde.' Croyez-en les tranfports de mon cœur outragé. Memphis me verra mort, ou me verra vengé.

Que vois-je ? quel heureux préfage ?

Nos Dieux tournent fur moi les plus tendres regards!

Dieux , dont la bonté m’encourage , Je fuis l’Amour & vous ; tout m’anime , je pars.

Fin du troificme A^e, O)aaasAAsAaA2$3,32@ V *s“s“ssYss“ss“ssUs

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