SCENE PREMIÈRE
O T O È S chef des Mages , C H Œ U R de Mages,
M ini s T re s de mes lois que ma vengeance
anime ,
Phanor a réparé fon crime.
Puiffe du fang des Rois le dangereux parti.
Qui menaçait l’autel, & que l’autel opprime,
Tomber anéanti!
Confultons de notre art les fecrets formidables:
Voyons par quels terribles coups
îl faut confondre les coupables Qu’un facrilège orgueil anima contre nous.
Choeur des Mages.
O magique puiffance ,
Sois toujours dans nos mains
L'infr.
L’inftrument de la vengeance;
Fais-trembler les faibles humains/
Que nos fecrets impénétrables D’une profonde nuit foient à jamais voilés :
Plus ils font inconnus, plus ils font vénérables
A nos efclaves aveuglés.
Le CHOEUR.
O magique pui Tance,
Sois toujours dans nos mains
L'inftrument de la vengeance;
Fai-trembler les faibles humains!
Commençons nos m y Hères fombres,
inconnus aux mortels.
Du fatal avenir je vais percer les ombres.
Et chercher du Deftin les décrets éternels;
Symphonie terrible.
[on peut exprimer par une danfe figurée la fomlre horreur de ces
myfier es. ) Que vois-je? quel danger! quelle horreur nous me-
nace !
Un Berger, un fimple Berger Des Rois que j’ai détruits vient rétablir la race/
Il drefe un autel étranger !..
UnDieu vengeur l'amène !.. Un Dieu vengeur nous
chafe !
C h oe u R des Mages.
Que tout l’Enfer armé prévienne cette audace!
Théâtre* Tome IX M
OTOÈs Otons toute efpérance aux vils féditieux.
Du fang des Rois, de ce fang fi funefte
Zélide et le feul refie ;
il faut l’immoler à leurs yeux.
Le Choeur.
Soyons inexorables ;
N’épargnons pas le fang :
Que la beauté, l’âge & le rang,
Nous rendent plus impitoyables.
Otoès.
Qu’on amène Zélide : il faut tout préparer
Pour ce terrible facrifice.