S C È N E IL GREGOIRE, PRESTINE, LA SUIVANTE
EH , quoi donc! rien n’ef prêt au temple de Bac-
chus?
Nous relions au filet! Nos pas font ils perdus? On ne fait rien ici quand on a tant à faire!
Ma fœur & fon amant, mon bon-homme de père.
Et celui de Daphnis, femmes , filles , garçons. Arrivent à la file en danfant aux chanfons.
Ici je ne vois rien paraître.
Réponds donc, Grégoire, réponds; Mène-moi voir l’autel & monfieur le Grand-prêtre;
Grégoire.
Le Grand-prêtre , c'eft moi.
Tu ris.
Grégoire.
Moi ; dis-je;
Toi ?
Toi, prêtre de Bacchus !
Grégoire.
Et fait pour cet emploi
Oij
Quel étonnement eR le vôtre ?
PRESTINE Eh bien, foit : j’aime autant que ce foit toi qu’un
autre.
Je fuis vice-gérent dans ce lieu plein d'appas. Je conjoins les amans, & je fais leur repas,
, Ces deux charmans miniftères ,
Au monde fi néceffaires ,
Sont fans-doute les premiers.
J’efpère quelque jour, ma petite Prefine,
Dans cette demeure divine Les exercer pour vous.
Hélas, très-volontiers.
GREGOIRE ET PRESTINE
DUO
En ces beaux lieux c'eft à Grégoire,
C'eft à lui d'enfeigner
Le grand art d’aimer & de boire ;
C’eft lui qui doit régner.
Du Dieu puiflant de la liqueur vermeille
Le temple eft un cabaret,
Son autel eft un buffet.
L’amour y veille
Avec tranfport ;
L’Amour y dort,
Dort, dort
Sous les beaux raifins de la treilles