‹ Théátre complet de M. de Voltaire. 9Chapitre 139 sur 192 · S C È N E IL GREGOIRE, PRESTINE, LA SUIVANTE · texte numérisé non relu

S C È N E IL GREGOIRE, PRESTINE, LA SUIVANTE

EH , quoi donc! rien n’ef prêt au temple de Bac-

chus?

Nous relions au filet! Nos pas font ils perdus? On ne fait rien ici quand on a tant à faire!

Ma fœur & fon amant, mon bon-homme de père.

Et celui de Daphnis, femmes , filles , garçons. Arrivent à la file en danfant aux chanfons.

Ici je ne vois rien paraître.

Réponds donc, Grégoire, réponds; Mène-moi voir l’autel & monfieur le Grand-prêtre;

Grégoire.

Le Grand-prêtre , c'eft moi.

Tu ris.

Grégoire.

Moi ; dis-je;

Toi ?

Toi, prêtre de Bacchus !

Grégoire.

Et fait pour cet emploi

Oij

Quel étonnement eR le vôtre ?

PRESTINE Eh bien, foit : j’aime autant que ce foit toi qu’un

autre.

Je fuis vice-gérent dans ce lieu plein d'appas. Je conjoins les amans, & je fais leur repas,

, Ces deux charmans miniftères ,

Au monde fi néceffaires ,

Sont fans-doute les premiers.

J’efpère quelque jour, ma petite Prefine,

Dans cette demeure divine Les exercer pour vous.

Hélas, très-volontiers.

GREGOIRE ET PRESTINE

DUO

En ces beaux lieux c'eft à Grégoire,

C'eft à lui d'enfeigner

Le grand art d’aimer & de boire ;

C’eft lui qui doit régner.

Du Dieu puiflant de la liqueur vermeille

Le temple eft un cabaret,

Son autel eft un buffet.

L’amour y veille

Avec tranfport ;

L’Amour y dort,

Dort, dort

Sous les beaux raifins de la treilles

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