GREGOIRE
C'eftà vous de jurer , Glycère, à votre tour Devant Bacchus lui-même au grand Dieu de l’amour..
GLYCERE chanté :
Je jure une haine implacable
A ce vilain magot,
A ce fat, à ce fot ;
Il m'eft infupportable.
Je jure une haine implacable
A ce fat, à ce fot.
Oui. mon père , oui, mon père,
aimerais mieux en enfer
Époufer Lucifer,
Qu’on n’irrite point ma colère ; Oui, je verrais plutôt le peu que j’ai d’appas
Dans la gueule du chien Cerbère,
Qu’entre les bras
Du vilain qui croit me plaire.
Qu’ai-je entendu, grands Dieux !
Les DEUX PERES enfemble.
Ah, ma fille !
Ah,mafœur?
Ef-ce vous qui parlez, maGlycère?
G L Y C E R E , reculant.
Ah, l’horreur2 Ote-toi de mes yeux : ton feul aspect m’afflige.
Quoi/ c'ef donc tout-de-bon?
Retire-toi, te dis-je ;
Tu me donnerais des vapeurs.
Eh ! qu'eft-il arrivé ! Dieux puifans. Dieux vengeurs. En étiez-vous jaloux? m‘ôtez-vous ce que j’aime? Ma charmante maitreffe, idole de mes fens,
Reprends les tiens, rentre en toi-même; VoisDaphnis à tes pieds, les yeux chargés de pleurs,
Je ne puis te fouffrir: je te l’ai dit, je penfe.
Affez net, affez clairement.
Va-t-en , ou je m’en vais.
Le PERE de Daphnis,
Ciel! quelle extravagance
Daphnis.
Prétends-tu m’éprouver par ces affreux ennuis? As-tu voulu jouir de ma douleur profonde?
Tu ne t’en vas point ; je m’enfuis..
Pour être loin de toi j’irais au bout du monde»
( elle fort, )
Les deux PERES PRESTINE. Daphnis.
Je fuis tout confondu... Je frémis... Je me meurs !
( Tous enfemble, )
Quel changement ! quelles alarmes !
ER-ce-là cet hymen fi doux, fi plein de charmes?
Non 3 je ne rirai plus: coulez , mes pleurs.
( Tous enfimble. )
Dieu puifant, rends-nous tes faveurs.
Grégoire chante feul^
Quand je vois quatre perfonnes
Ainfi pleurer en chantant,
Mon cœur fe fend.
Bacchus, tu les abandonnes;
Il faut en faire autant. ( il s'en va, ) -=====================;