‹ Théátre complet de M. de Voltaire. 9Chapitre 175 sur 192 · BRU T U S , LUCIUS, LIGARIUS · texte numérisé non relu

BRU T U S , LUCIUS, LIGARIUS

Lucius , courant à la porte, Q u i va là ? répondez.

LUCIUS, en entrant G adreffant la parole à Brutus^

Un homme languifant.

Un malade qui vient pour vous dire deux mots.

C’ef ce Ligarius dont Cimber m’a parlé.

( à Lucius. ) Garçon, retire-toi... Eh bien, Ligarius?

C eft d’une faible voix que je te dis bonjour.

BRUTUS

Tu portes une écharpe ! hélas, quel contre-tems !

Que ta fanté n’eft-elle égale à ton courage!

Si le cœur de Brutus a formé des projets

Qui foient dignes de nous , je ne fuis plus malade.

Brutus.

J’ai formé des projets dignes d’être écoutés, Et d’être fécondés par un homme en fanté.

Je sens, par tous les Dieux vengeurs de ma patrie. Que je me porte bien, O toi , l'ame de Rome!

Toi, brave defcendant du vainqueur des Tarquins , Qui comme un (p) exorcifte as conjuré dans moi L'efprit de maladie à qui j’étais livré , Ordonne, & mes efforts combattront l'impoffible ; ils en viendront à bout. Que faut-il faire ? dis.

Brutus.

Un exploit qui pourra guérir tous les malades.

L I G A R 7 U S, Je crois que des gens fains pourront s’en trouver

mal.

Brutus.

Je le crois bien auffi. Viens, je te dirai tout.

(p) L^xorcifle dans la bouche des Romains eft fingulier. Toute cette pièce pourrait être chargée de pareilles notes ; mais il faut biffer faire les réflexions au lecteur.

LIGARIUS Je te fuis ; ce feul mot vient d’enflammer mon coeur. Je ne fais pas encor ce que tu veux qu’on faffe ; Mais viens ; je le ferai : tu parles ; il fuffit.

( ils s'en vont. ) @=============T====bH

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