‹ Théátre complet de M. de Voltaire. 9Chapitre 177 sur 192 · CALPHURNIE · texte numérisé non relu

CALPHURNIE

Je n'affiftai jamais à ces cérémonies ;

Mais je tremble à préfent. Les gens de la maifon Difent que Ton a vu des chofes effroyables.

Une lionne a fait fes petits dans la rue ; Des tombeaux qui s'ouvraient, des morts font échap-

pés ; Des bataillons armés, combattans dans les nues , Ont fait-pleuvoir du fang fur le mort Tarpeïen ; Les airs ont retenti des cris des combattans ; Les chevaux henniffaient; les mourans foupiraient; Des fantômes criaient & hurlaient dans les places. On n'avait jamais vu de pareils accidens :

Je les crains.

César.

Pourquoi craindre? on ne peut éviter Ce que l’arrêt des Dieux a prononcé fur nous. Céfar prétend fortir. Sachez que ces augures Sont pour le monde entier autant que pour Céfar,

Page 1