CALPHURNIE
Quand les gueux vont mourir, il n'eft point de
comètes, Mais le ciel enflammé prédit la mort des princes. (4) Encere une fois U traduction ef fidelle. Un poltron meurt cent fois avant de mourir une ; Et le brave ne meurt qu’au moment du trépas.
Rien n’eft plus étonnant, rien ne me furprend plus, Que lorfque l’on me dit qu'il ef des gens qui crai-
gnent.
Que craignent-ils ? la mort ef un but néceffaire. Mourons quand il faudra.
( Le Domeflique renient, )
Que difent les Augures?
Le Domestique.
Gardez-vous , difent-ils, de fortir de ce jour. En fondant l’avenir dans le fein des victimes. Vainement de leur béte ils ont cherché le cœur,
( il s en va, )
César.
Le ciel prétend ainfi fe moquer des poltrons. Céfar ferait lui-même une bête fans cœur , S’il était au logis arrêté par la crainte.
Il fortira , vous dis-je, & le danger (r) fait bien Que Céfar ef encor plus dangereux que lui.
Nous fommes deux lions de la même portée ; Je fuis l'aîné; je fuis le plus vaillant des deux. Je ne fort irais point!
Calphurnie.
Hélas ! mon cher Milord , Votre témérité détruit votre prudence.
Ne fortez point ce jour. Songez que c’eft ma crainte.
(r) Traduit mot à mot. Et non la vôtre enfin, qui doit vous retenir. Nous enverrons Antoine au fénat affemblé; il dira que Céfar eft aujourd’hui malade.
J'embraffe vos genoux ; faites-moi cette grâce.
César.
Antoine dira donc que je me trouve mal; Et, pour l’amour de vous , je refte à la maifon.