‹ Théátre complet de M. de Voltaire. 9Chapitre 178 sur 192 · CALPHURNIE · texte numérisé non relu

CALPHURNIE

Quand les gueux vont mourir, il n'eft point de

comètes, Mais le ciel enflammé prédit la mort des princes. (4) Encere une fois U traduction ef fidelle. Un poltron meurt cent fois avant de mourir une ; Et le brave ne meurt qu’au moment du trépas.

Rien n’eft plus étonnant, rien ne me furprend plus, Que lorfque l’on me dit qu'il ef des gens qui crai-

gnent.

Que craignent-ils ? la mort ef un but néceffaire. Mourons quand il faudra.

( Le Domeflique renient, )

Que difent les Augures?

Le Domestique.

Gardez-vous , difent-ils, de fortir de ce jour. En fondant l’avenir dans le fein des victimes. Vainement de leur béte ils ont cherché le cœur,

( il s en va, )

César.

Le ciel prétend ainfi fe moquer des poltrons. Céfar ferait lui-même une bête fans cœur , S’il était au logis arrêté par la crainte.

Il fortira , vous dis-je, & le danger (r) fait bien Que Céfar ef encor plus dangereux que lui.

Nous fommes deux lions de la même portée ; Je fuis l'aîné; je fuis le plus vaillant des deux. Je ne fort irais point!

Calphurnie.

Hélas ! mon cher Milord , Votre témérité détruit votre prudence.

Ne fortez point ce jour. Songez que c’eft ma crainte.

(r) Traduit mot à mot. Et non la vôtre enfin, qui doit vous retenir. Nous enverrons Antoine au fénat affemblé; il dira que Céfar eft aujourd’hui malade.

J'embraffe vos genoux ; faites-moi cette grâce.

César.

Antoine dira donc que je me trouve mal; Et, pour l’amour de vous , je refte à la maifon.

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