H E R A C L I U S G ASTOLPHE
Eh ! qui es-tu donc? parle.
Frédéric.
Je fuis le duc de Calabre. Vous me voyez comblé de joie. Le fang qui coule dans mes veines, ô fils de Maurice, ef ton fang. Je fuis le fils de Caffandre, fœur de Maurice; tes deftins font conformes aux miens, ton étoile eft mon étoile.
Heraclius.
Je reprends mes esprits; & plus je te confidère , plus il me femble que je t’ai déjà vu.
Frédéric.
Cela eft impofible; car je n’ai jamais approché des cavernes & des précipices où tu dis qu’on a élevé ta jeuneffe.
Heraclius.
C'eft la vérité; mais je t’ai vu fans te voir.
Frédéric.
Comment? me voir fans me voir!
Théâtre. Tome IX. x
Oui.
Frédéric.
Ceci ef une nouveauté égale à la première ; mais avant de l’approfondir, va, je te prie, à ma galère çapitane f & après qu’on t’aura donné des habits, & qu’on t’aura paré comme tu dois l'être, tu m'apprendras ce que je veux favoir , & qui me ravit déjà en admiration.
HERACLIUS
Je t’ai déjà dit que je fuis le fils des montagnes, accoutumé au travail & à la peine; & quoique j’aie beaucoup fouffert, écoute-moi, je me repoferai en te parlant.
Frédéric.
Puifque c'eft pour toi un foulage ment, parle.
HERACLIUS
Ecoute: tu vois ces rochers, ces montagnes, dont le faîte eft défendu par les volcans de l’Etna... ( Ce difcours à Héraclius efl interrompu pur des cris der-
rière la fcène. )
Aux armes! aux armes ! aux combats/ aux combats !
Tombons fur eux avant que leurs efcadrons foient formés.
ETTOUTMENSONGE 483
Un SOLDAT de Frédéric arrivant fur la fane-
Déjà on voit l’armée que Phocas a levée pour s oppofer à la hardiefe de votre débarquement.
FREDERIC
On dit que c'eft le premier bataillon, il faut s'empreffer d’aller à fa rencontre.
HERACLIUS
Je vous accompagnerai. Vous verrez que l'épée que vous ne m’avez donnée que comme un ornement, vous rendra quelque fer vice.
ASTOLPHE
Quoique ma caducité ne me permette pas devons, fervir , je peux mourir du moins, & vous me verrez mourir le premier à vos côtés.
Frédéric.
J’efpère en vous deux. J’attends de vous mon triomphe: déjà mes foldats s’avancent avec audace. Les troupes de Phocas paraljjent, les trompettes & les clai-
rons fonnent la charge, la bataille fe donne ; on entend
d‘un côté : Vive Phocas/ & de l'autre: Vive Frédé-
ric ! Pu s tous enfemble crient : Aux armes ! aux ar-
mes/ Combattons! combattons!
HERACLIUS, l'épée à la main,
Suivez-moi; je connais tous les fentiers; fi vous marchez de ce côté, vous pourrez tout rompre.
C IN T I A parai fiant armee à la tête des Jiens,
Non, vous ne romprez rien; c’eft à moi de défendre ce pofte.
X ij
Qui pourra foutenir ma fureur?
Moi.
HERACLIUS
Quel objet frappe mes yeux !
Qu’ef-ce que je vois!
H ERACLIUS
Vous voyez le changement de nos deftins ; je défendais contre vous un paffage quand je vous ai vue pour la première fois , & à préfent vous en défendez un contre moi.
Ajoute que tu me regardais alors avec des yeux d’admiration, & à préfent c'eft moi qui t'admire.
Heracliu s.
Qu’admirez-vous en moi ? rien que les viciffitudes incompréhensibles de ma vie. Je vous trouve ici ; vous voulez que je fuie : moi fuir, & fuir de vos yeux ! ce font deux chofes fi impoffibles , que, fi elles arrivaient , elfes diraient quelles ne peuvent pas arriver.
Sans te dire ici que mon bonheur eft de te voir en vie , ce bonheur ne fera - t - il pas plus grand que fi tu enfoa.es ce paffage, & fi tu reftes victorieux ?
Je ne veux point vaincre a ce prix, en combattant contre vous.
C I N T I A à LMa qui T accompagne.
Libia, ne m’abandonne point : j’ai foin de ma réputation & de la tienne.
HERACLIUS
Je ne fais fi je dois vous croire.
Pourquoi non?
HERACLIUS
Parce que, fi vous me traitez avec tant de bonté à préfent, vous direz peut-être comme vous avez déjà fait, que vous ne vous en fouvenez plus, & que mon bien & mon mal vous font indifférens.
( Des voix s'élèvent au fond du théâtre. )
Les Soldats de Frédéric.
C'eft par-là qu'Héraclius a paffé.
Frédéric.
Paffez tous après lui.
HeracliusJ Cintla.
Malheureux que je fuis ! quand je voudrais fuir, (k)
(k) On ne conçoit rien à ce difeours ^Héra clins, Tantôt il parle en héros, tantôt en poltron. Si c'eft une ironie avec Cintia/ù^ difficile de s’en appercevoir,
Xij 486 TOUTEST VÉRITÉ, je ne pourrais ; vos troupes reviennent avec les miennes. Voyez-vous cette troupe qui s’effraie & & qui abandonne le poffe que vous gardiez ? Fuyez , vous pourrez à peine fauver votre vie.
Non , tu pourrais fuir; les autres ne fuiront pas.
LEONIDE arrivant.
Tournez tête, foldats ! Ils ont forcé le pafage que gardait Cintia; défendons fa vie; je ferai le premier à mourir.
HERACLIUSe ] citant fur Leonide.
Oui, tu mourras de ma main , ingrat, inhumain ; cruel !
Leonide.
Je ne fuis point étonné de te voir en vie. Je fuis perfuadé que la mer n’a eu pitié de toi que pour préparer mon triomphe. ( Ils combattent tous deux. )
Heraclius.
Tout-à-l'heure tu vas le voir.
Cintia.
Je ne puis me déclarer, malgré le defir que j’en ai. Je crains ma ruine , fi Héraclius eff vainqueur, puilquefon pouvoir détruira le mien. Si Léonide l’emporte, mes efpérances font fuperflues ; il eff contre mes intérêts. Que ferai-je ? O Ciel, ecourez-moi! ()
( On entend les tambours. )
(Z) On ne conçoit rien 1 ce difcurs de Ci-aia. Je l'ai traduit fidellement. Pues, no me 7.2245 dechrir t
Aun^ue quifiera al amer
Brute , infidelleà ton maître , qui, en brisant ton frein, brifes les lois & le devoir, puifque tu ofes ainfi prendre le mords aux dents, demeure, & en courant ainfi déchaîné, ne fuis pas.
Frederick Héracüus.
Charge-moi ce Phocas.
P H O C A S tombe en fautant aux ennemis.
O Ciel, ma vie eû perdue !
H E R A C L i US courant fur lui.
C’eft mon ennemi, qu’il meure !
Qu’il ne meure pas !
Phocas.
Malheureux, qu’ai-je entendu! tout eft toujours équivoque entre eux.Toujours ces voix, Quilmeure ! Qu il ne meure pas ! Qui des deux me tue? Qui des deux me défend ? je fuis toujours en doute , je fuis confondu.
Heraclius.
Ne fois plus en doute à préfent : fi tu as voulu faire ici l'efai de ta tragédie, la voici terminée. La vérité fe montre. Nous avons changé de rôle, Léonide& moi»
Si vince Heraclio, mi ruina,
Pues es contra mi poder ;
Si Leonido , mi fperan^a ,
Pues es contra mi interes.
Qu^he de ha^er ? ciecïos piadofos !
Comment peut-elle craindre Héraclius qui e(t amoureux d'elle ?
PHOCAS
Quel rôle !
HERACLIUS
Celui de Léonide était d’être cruel, le mien d’être humain ; il difait la première fois, Qu'Ilmeure ! & moi, Qu'Une meure pas\ Tout eft changé ; c'ef lui qui te défend, & c’eft moi qui te donne la mort.
Héraclius , je fuis à ton côté.
PHOCAS
Ce n’était donc pas un vain présage, quand j’ai cru voir ton glaive enfanglanté.
Je ne me fuis donc pas trompé non-plus , en devinant que c’était cette femme avant de l’avoir vue.
( Libia , Frédéric 3 & des Soldats, s'approchent,
C’eft ici qu'ef tombé Phocas.
Frédéric.
C’eft ici que fon cheval l’a jeté par terre.
Je ne fuis donc venu ici que pour ma perte !
( Troupe de Soldats. )
Un S o l d at.
Accourez tous.... mais que vois-je?
Héraclius.
Vous voyez un tyran à mes pieds;vous voyez, dans les mêmes campagnes où Maurice fut tué , la mort de Maurice vengée par fon bis.
P H O C A S à terre.
Non, tu n’es pas fon fils.
Un Soldat.
Qui eft-il donc?
Un hydropique de fang , qui ne pouvant boire celui des autres , appaife fa foif dans le fien propre. ( P ho cas meurt en difant ces paroles. Mais comment peut*
il dire qu Héraclius a verfé fon propre fang ? il faut
donc qu il fe croie fon père ; mais comment peut-il le croire*
CINTIA.
Déjà tous fes gens font en fuite , & les miens ayant fécoué le joug de la tyrannie difent & redifent:
Vive Héraclius ! qu'Héraclius vive/
Qu’il ceigne ion front du facré laurier !
Il doit régner ; il eit fils de Maurice.
( Les Soldats G le Peuple difent ces paroles avec Cintia ;
ils font une couronne. )
Héraclius.
Cette couronne appartenait à Frédéric ; il l’a méritée : c’eft à lui qu’on doit la victoire.
Frédéric.
Je n’ai voulu que brifer le joug du tyran ,&non pas ravir la couronne au légitime pofeffeur. Vous l’êtes, c'eft à vous de régner.
Je ne fais fi je l'oferai.
Frédéric.
Pourquoi non?
HERACLIUS
C’eft que j’ignore fi tout ce que je vois ef mene fonge ou vérité.
Frédéric.
Comment ?
Heraclius.
C'eft ce que me fuis déjà vu traité & vêtu en prince, &qu‘enfuite j’ai repris mes anciens habits de peau. ( Il veut parler du château enchanté G- de fbn habit de galaé)
C’eft moi qui vous ai trompé par mes enchantemens ; je vous ai menti ; j’ai menti auffi à Frédéric, quand je lui prédis en Calabre des infortunes ; Dieu a donné la vicoire. Je vous demande pardon à tous deux.
J’implore à vos pieds fa grâce.
Heracliu S.
Qu’il vive , pourvu qu’il n’ufe plus de fortilèges:
Astolphe.
Et moi ,f je peux mériter quelque chofe de vous; je demande la grâce du fils de Phocas.
Heraclius.
Léonide fut mon frère ; nous fûmes élevés enfemble ; qu’il foit mon frère encore.
Je ferai votre fujet fournis & fidèle.
HERACLIUS
Si par hazard une grandeur fi inefpérée s’évanouit, je veux goûter un bonheur que je ne perdrai pas. Je donne la main à Cintia.
Je tombe à vos pieds.
[Les tambours battent, les clairons fonnent' 9 le Peuple &
les Soldats s'écrient')
Vive Héraclius 1 qu'Héraclius vivo !
Frédéric.
Que ces applaudifemens finifent.
Héraclius.
Efpérons qu’un Roi fera heureux quand il commencera fon règne par être détrompé , quand il connaîtra qu'il n’y a point de félicité humaine qui ne paraiffe une vérité , & qui ne puiffe être un menfonge.
Fin de la troisième & dernière journée^ ================ DISSERTATION
DU TRADUCTEUR
5 U R L'HERACLIUS DE C ALDERO N.
Q u i co N Qu E aura la patience de lire cet extravagant ouvrage, y aura vu aifément l’irrégularité de Shakefpéare , fa grandeur & fa baffeffe, des traits de génie aufi forts, un comique àuffi déplacé, une enflûre aufi bizarre, le même fracas d'action & de momens intérefans.
La grande différence entre l'Héraclius de Caldéron, & le Jules Céfar de Shakefpéare , c'eft que l'Héraclius efpagnol eft un roman moins vraifemblable que tous les contes des Mille & une nuits , fondé fur l’ignorance la plus craffe de l'hiftoire , & rempli de tout ce que l’imagination effrénée peut concevoir déplus abfurde. La pièce de Shakefpéare , au contraire, eft un tableau vivant de l’hiftoire romaine , depuis le premier moment de la confpiration de Brutus, jufqu'à fa mort. Le langage , à la vérité , eft fouvent celui des ivrognes du tems de la reine Elifabeth ; mais le fonds eft toujours vrai, & ce vrai eft quelquefois fublime.
DISSERT. SUR L’HÉRACLIUS , &c. 493
Il y 3 aufli des traits fublimes dans Caldéron, mais prefque jamais de vérité, ni de vraisemblance, ni de naturel. Nous avons beaucoup de pièces ennuyeuses dans notre langue , ce qui eR encore pis : mais nous n’avons rien qui reffemble à cette démence barbare.
Il faudrait avoir les yeux de l'entendement bien bouchés , pour ne pas appercevoir, dans ce fameux Caldéron , la nature abandonnée à elle-même. Une imagination aufli déréglée, ne peut être copifte ; & fûrement il n’a rien pris, ni pu prendre de perfonne.
On m'affure d’ailleurs que Caldéwn ne favait pas le français , & qu’il n’avait même aucune connaiffan ce du latin ni de l'hiftoire. Son ignorance paraît affez, quand il fuppofe une reine de Sicile du tems de Phocas 5 un duc de Calabre, des fiefs de l’E mpire 2 & fur-tout quand il fait-tirer du canon.
Un homme qui n'avait lu aucun auteur dans une langue étrangère , aurait-il imité l'Héraclius de Cor* neille pour le traveftir d’une manière fi horrible ? Aucun écrivain efpagnol ne traduifit , n’imita jamais un auteur français jufqu’au règne de Philippe V;& ce n'eft même que vers l’année 1725 qu’on a commencé en Efpagne à traduire quelques-uns de nos livres de physique. Nous, au contraire , nous p îmes plus de quarante pièces dramatiques des Efpagnols, du tems de Louis XIII & de Louis XIP. Pierre Corneille commença par traduire tous les beaux endroits
Théâtre. Tome IX Y 494 DISSERTATION du Cid ; il traduilit le Menteur, la Suite du Menteur; il imita D. Sanche d’Arragon. N’eft-il pas bien vraifemblable qu’ayant vu quelques morceaux de la pièce de Caldéron , il les ait inférés dans fon Héraclius, & qu’il ait embelli le fonds du fujet ? Molitre ne prît-il pas deux fcènes du Pédant joué de Cyrano de Bergerac^ fon compatriote & fon contemporain ?
Il eft bien naturel que Corneille ait tiré un peu d'or du fumier de Caldéron \ mais il ne l'ef pas que Caldéron ait déterré l’or de Corneille pour le changer en fumier.
L'Héraclius efpagnol était très-fameux en Efpagne, mais très-inconnu à Paris. Les troubles qui furent fuivis de la guerre de la Fronde commencèrent en 1645. La guerre des auteurs fe fefait, quand tout retentiffait des cris, Point de Ma^arin. Pouvait-on s'avifer de faire-venir une tragédie de Madrid pour faire de la peine à Corneille ? & quelle mortification lui aurait-on donnée ? il aurait été avéré qu’il avait imité fept ou huit vers d’un ouvrage efpagnol. Il l’eût avoué alors, comme il avait avoué fes traductions de Guilain de Caflro , quand on les lui eut injuftement reprochées, & comme il avait avoué la traduction du Menteur. C'eft rendre fervice à fa patrie que de faire - paffer dans fa langue les beautés d’une langue étrangère. S’il ne parle pas de Caldéron dans fon examen, c'eft que le peu de vers traduits de Caldéron ne valait pas la peine qu’il en parlât.
Il dit dans cet examen, que fon Héraclius eft un
SUR L’HÉRACLIUS de CALDÉRON. 495 original dont il défi fait depuis de belles copies .11 entend toutes nos pièces d’intrigue où les héros font méconnus. S’il avait eu Caldéron en vue, n’aurait-il pas dit que les Espagnols commençaient enfin à imiter les Français , & leur fefaient le même honneur qu’ils en avaient reçu ? aurait -il fur-tout appelé l'Héraclius de Caldéron une belle copie ?
On ne fait pas précifément en quelle année la famofa Comedia fut jouée ; mais on ef sûr que ce ne peut être plutôt qu’en 1637, & plus tard qu’en 1640. Elle fe trouve citée, dit-on , dans des romances de 1641. Ce qui eù certain, c'eft que le docteur maître Emmanuel de Guera , juge ecclésiaftique , chargé de revoir tous les ouvrages de Caldéron , après fa mort, parle ainfide lui en 1682 : Lo quemasadmiro y admire en efle raro ingenio fuè che à ninguno imitb a Maître Emmanuel a lirait-il dit que Caldéron n’imita jamais perfonne , s’il avait pris le fujet d’Héraclius dans Corneille} Ce docteur était très-inftruit de tout ce qui concernait Caldéron ; il avait travaillé à quelques-unes de fes comédies ; tantôt ils fefaient enfemble des pièces galantes, tantôt ils compofaient des actes facramentaux qu’on joue encore en Éfpagne : ces actes facramentaux reffemblent pour le fonds aux anciennes pièces italiennes & françaifes , tirées de l’Ecriture ; mais elles font chargées de beaucoup d‘épifodes & de fictions. Le peuple de Madrid y courait en foule. Le roi Philippe IV envoyait toutes ces pièces à. Louis XIV , les premières années de fon mariage. 4^6 DISSERTATION
Au refte, il eft très-inutile au progrès des arts ; de favoir qui eft l’auteur original d’une douzaine de vers. Ce qui eft utile, c'ef de lavoir ce qui eft bon ou mauvais , ce qui eft bien ou mal conduit , bien ou mal exprimé , & de fe faire des idées juftes d’un art fi long-tems barbare , cultivé aujourd’hui dans toute l’Europe , & prefque perfectionné en France.
On fait quelquefois une objection fpécieuse en faveur des irrégularités des théâtres efpagnol & anglais. Des peuples pleins d’efprit fe plaifent, dit-on ; à ces ouvrages ; comment peuvent-ils avoir tort ?
Pour répondre à cette objection tant rebattue, écoutons Lope^ de Vega lui-même, génie égal pour le moins à Shakefpéare t Voici comme il parle à-peuprès dans fon Epitre en vers , intitulée : Nouvel Art défaire des Comédies en ce tems*
Les Vandales, les Goths , dans leurs écrits bizarres.
Dédaignèrent le goût des Grecs & des Romains :
Nos aïeux ont marché dans ces nouveaux chemins 3
Nos aïeux étaient des barbares. *
L’abus règne , l’art tombe , & la raifon s’enfuit.
Qui veut écrire avec décence,
Avec art, avec goût, n’en recueille aucun fruit.
** Il vit dans le mépris , & meurt dans l'indigence.
Je me vois obligé de fervir l’ignorance :
J'enferme fous quatre verroux *** 2=--- -==--- ---------=--=--=-==--=====4 ■ w»
* Mas come li fervieron muchos b'arbaros
Che enféfiaron. el vul^o a fus rude^as ?
** Muere fin fama è gallàrdon.
*** los preceptos con fils llar.es, ’