‹ Théátre complet de M. de Voltaire. 9Chapitre 3 sur 192 · DEUX CORYPHÉES · texte numérisé non relu

DEUX CORYPHÉES

ï rïbus captives ,

Qui fur ces rives

Traînez vos fers; • , Tribus captives,

De qui les voix plaintives

Font-retentir les airs, Adorez dans vos maux le Pieu de l’univers,

Chœur, Adorons dans nos maux le Dieu de’ l’univers.

un Coryphée.

Ainfi , depuis quarante hivers ,

Des Philiitins le pouvoir indomptable

Nous accable ;

Leur fureur eit implacable.

Elle infulte aux tourmens que nous avons foufferts.

Chœur.

Adorons dans nos maux le Dieu de l’univers.

un Coryphée.

Race malheureufe & divine,

Trilles Hébreux, frémiffez tous:

Voici le jour affreux qu’un Roi puifant deftine

A placer fes Dieux parmi nous.

Des prêtres menfongers, pleins de zèle & de rage.

Vont nous forcer à plier les genoux

Devant les Dieux de ce climat fauvage.

Enfans du ciel, que ferez-vous ?

Chœur.

Nous bravons leur courroux;

Le Seigneur feul a notre hommage.

un Coryphée.

Tant de fidélité fera chère à fes yeux.

Descendez du trône des cieux.

Fille de la clémence,

Douce Efpérance,

Tréfor des malheureux; Venez tromper nos mnaux, venez remplir nos voeux,'

Defcendez , douce Efpérance.

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