ACTE QUATRIEME
T R A J A N, PLAUTINE, Suite.
PLAUTINE , courant au-devant de Trajan.
Enfin, je vous revois ; le charme de ma vit
M’eft rendu pour jamais.
Le ciel me vend cher fes bienfaits,
Ma félicité m’eft ravie.
Je reviens un moment pour m’arracher à vous,
Pour m’animer d’une vertu nouvelle ,
Pour mériter, quand Mars m’appelle, D’être empereur de Rome & d’être votre époux.
Que dites-vous ? Quel mot funeste !
Un moment ! vous, ô Ciel ! un feul moment me
relie 3 Quand mes jours dépendaient de vous revoir tou-
jours.
Le ciel en tous les tems m’accorda fon fecours ; il me rendra bientôt aux charmes que j’adore.
C'eft pour vous qu’il a fait mon cœur. C]
Je vous ai vue , & je ferai vainqueur.
PLAUTINE.
Quoi, ne l’êtes-vous pas ? Quoi, ferait-il encon Un Roi que votre main n’aurait pas défarmé ?
Tout n'eft-il pas fournis, du couchant à l’aurore ?
L’univers n'eft-il pas calmé ?
On ofe me trahir.
Non, je ne puis vous croire
On ne peut vous manquer de foi.
Des Parthes terraffés l’inexorable Roi S’irrite de fa chute, & brave ma victoire.
Cinq Rois qu’il a féduits font armés contre moi ; ils ont joint l’artifice aux excès de la rage;
ils font au pied de ces remparts :
Mais j’ai pour moi les Dieux, les Romains, mon cou-
rage.
Et mon amour, & vos regards.
Plautine.
Mes regards vous fuivront; je veux que fur ma tête
Le ciel épuife fon courroux.
Je ne vous quitte pas , je braverai leurs coups ;
J’écarterai la mort qu’on vous apprête.
Je mourrai du moins près de vous.
Ah ! ne m’accablez point; mon cœur eH trop fenfible.
Ah ! laifez-moi vous mériter.
Vous m’aimez, il fuffit, rien ne m'eft impofible.
Rien ne pourra me réfifter.
Plautine.
Cruel, pouvez-vous m’arrêter?
J’entends déjà les cris d’un ennemi perfide. \
J’entends la voix du devoir qui me guide.
Je vole ; demeurez : la victoire me fuit.
Je vole ; attendez tout de mon peuple intrépide ;
Et de l’amour qui me conduit.
Je vais ) .
... > punir un barbare 5
Allez j -
. Terraffer fous) ( coups