VOS I
L’ennemi qui nous fépare.
Qui m’arrache un moment à yous,
PLAUTINE.
Il m’abandonne à ma douleur mortelle ; Cher amant, arrêtez: ah! détournez les yeux.
Voyez encor les miens.
T R A J A N , au fond du théâtre»
O Dieux! ô juftes Dieux !
Veillez fur l’empire & fur elle.
PLAUTINE.
Il eft déjà loin de ces lieux.
Devoir, es-tu content ? je meurs , & je l’admire 3
Miniftres du Dieu des combats, Prêtreffes de Vénus, qui veillez fur l'empire. Percez le ciel de cris, accompagnez mes pas ;
Secondez l’amour qui m'infpire.
Choeur des Prêtres de Mars,
Fièr Dieu des alarmes,
Protège nos armes,
Conduis nos étendards.
Choeur DESPRÊTRESSES de Venus.
Déefe des grâces.
Voie fur fes traces ,
Enchaîne le dieu Mars. (on danfe.}
Mère de Rome & des Amours paifibles ,
Viens tout ranger fous ta charmante loi;
Viens couronner nos Romains invincibles,
ils font tous nés pour l’amour & pour toi.
Dieux puiffans, protégez votre vivante image; Vous étiez autrefois des mortels comme lui; C’ef pour avoir régné comme il règne aujourdh’ui
Que le ciel eft votre partage, (ondanfe,) {on entend un CHOEUR de Romains qui avancent lente."
ment Jur le théâtre, )
Charmant héros , qui pourra croire
Des exploits fi prompts & fi grands ?
Tu te fais en peu de tems
La plus durable mémoire.
Entendez-vous ces cris & ces chants de victoire ?
Trajan revient vainqueur.
PLAUTINE
En pouviez-vous douter ?
Je vois ces Rois captifs , ornemens de fa gloire: il vient de les combattre, il vient de les dompter»