‹ Théâtre complet de Voltaire, avec notes, remarques et variantesChapitre 10 sur 275 · SCÈNE III · texte numérisé non relu

SCÈNE III

ABZÂCE, le grand mage OROÈS,«SuiTE DES MIGES,

MÏTRANE.

MITRÀKE) au mage Oroès.

Oui , seigneur , en yos mains Arzace ici doit rendre Ces monumens secrets que vous semblpz' attendre.

ARZÀCE.

Du dieu àes Chaldéens pontife redoute , Permettez qa'uiv guerrier , a Vos yeiix présenté , Apporte a vos genoux la volonté dernière D'un père à <^ mes mains ont fermé la paupière. Vous daignâtes l'aimer.

.CttOBS.

ifeune et brave mortel D'un dieu qui conduit tout le décret étemel Yoiis amène à meê yeux plus que Tordre d'up père. De Phradate h jamais la lyténoire m'est obère ; Son fils me l'est encor plus que vous ne croyez. Ces gages précieux , par son ordre envoyés , Où soBt-ilsf

ARZACE.

. Les voici.

!Les esclafes donnent le coiSre ans mages qui le posant sur un autel. OROESy ouvrant le coffre,et se penchant avec respect et avec douleur.

C'est donc VOUS que je touche, .

Restes cbers et sacrés; je vous vois, et ma bouche Presse avec des sanglots ces tristes monumens . \ Qnij m'arrachant des plçurs, attestent mes sermens!

a 8 SÉMIBAVIS.

Que Ton nous laisse seuls ; allez : et vous, Mitrane, De ce secret mystère écartez tout profane.

lies mages se retirent.

Voici ce même %ceau dont ^inus autrefois

Transmit aux nations l'empreinte de ses lois :

Je la. Yois cette lettre a jamais efirayante ,

Que ^ prête k se glacer , traça sa main mourante.

Adorez ce bandeau dont il fut couronné :

A venger son trépas ce fer est destiné ,

Ce fer qui subjugua la Perse et la Médie^

Inutile instrument contre la per^die^

Contre un poison trop sûr , dont les mortels apprêts.

ARZACE.

Ciel! que m'apprenez* vous?

MITRANE,

Ces horribles secrets Sont éncor demeurés dans une nuit profonde. Du sein de ce sépulcre, inaccessible au monde, Les mânes de Ninus et les dieux outragés Ont élevé leurs voix 9 et ne Sont point vengés.

ARZACE.

Jugez de quelk borretir j'ai dû sentir l'atteinte. Ici même , et du fond de cette auguste enceinte , : D'affîreux gémissem eussent vers moi parvenus*

OROÈS. .

Ces accens de la mort sont la voix de Ninus.

ARZACE.

Deux fois a mon oreille ils se sont fait entendre.

CEDES.

Ils demandent vengeance.

arzace:

Il a droit de l'attendre.

Mais de (}ui7

OROÈS.

Les cruels dont )es coupables mains Du plus juste des rois ont privé les humains^ Ont de leur trahison caché la trame impie; Dans la nuit de' la tombe elle est ensevelie. Aisément des mortels ils ont séduit les yeux (a): Mais on ne peut tromper Toeil vigilant des dieux ;

▲CTB PAEHIEII. 2g

Des plus obscurs complots il perce les abîmes.

ARZACE. .

Ab I si ma, faible main pouvait punir ceâ crimes! Je ne sais; mais l'aspect dé ce fatal tombeau Dans mes sens ëtonnës porte un trouble nouveau. Ne puis-je y consulter ce roi qu'on y. révère?

ORois.

Non , le Ciél le 4éfend ; un oracle sévère Nous interdit l'accès de ce séjour de pleurs , Habité par la mort et par des dieux vengeurs. Attendez avec moi le joui: de la justice; Il est temps qu'il arrive , et que tout s'accomplisse. Je n'en puis dire plus; des pervers éloigné^ Je lève en paix mes mains Vers le ciel indigné. Sur ce grand intérêt, qui peut-être vous touche. Ce ciel, quand il lui plaît » ouvre et ferme ma bouche. J'ai dit ce que j'ai dû, tremblez qu'en ces rempfirls. Une parole, un geste, un seul de vos regards , N« trahisse un secret que mon dieu Vous confie. 11 y va de sa gloire et du sort de l'Asie , Il y va de vos jours. Yous, mages, approchez; Que ces chers monumens sous l-autel soient cachés.

La grande porte du palais s'ouvre , . ^^ s® remplit de gardes. Assur parait arec sa suite 4'an autre côte.

Déjà h palais s'ouvre, on entre chez la reine;

Vous voyez cet Assur, dont la grandeur hautaine

Traîne ici sur ses pas un peuple de flatteurs.

A qui , Dieii tout-puissant , donnez-vous les grandeurs 7

O monstre !

ARZACE.

Quoi, seigneur!

. OROES.

Adieu. Quand la nuit sombre Sur ces coupables mura viendra je^er son ombre , Je pourrai vous parler en présence des dieux. Redoutez-les^ Arzace : ils ont sur vous les yetix.

3o siBIlAAMlS,

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