‹ Théâtre complet de Voltaire, avec notes, remarques et variantesChapitre 100 sur 275 · T EN PA.1LT1CUI«IBR SUR CELX.S DE SOPHOCLE · texte numérisé non relu

T EN PA.1LT1CUI«IBR SUR CELX.S DE SOPHOCLE

Far M. Doholibo, membre de plusieurs académies.

Un bon critique suit toujours les règles de l'équité, et reprend eu tout temps et en tout lieu ceux qui comettent des fautes.

( Trnduct, do dtux vers d'Euripide J

Le su]el d'Electre , un des j^us beaux de ¥àuik\}nié , a été traite par les plus grands maîtres et chez toutes les nations qui ont eu du goût pour les spectacles. Eschyle , Sophjocle, Euripide, l'ont embelli a l'envi chez les Grecs. Les Latins ont eu plusieurs tragédies sur ce sujet. Virgile le témoigne par ce vers :

uéut Agamemnonius scenis agitatiu Orestes, ce qui donne a entendre que cette pièce était souvent représentée k Rome. Cieéron , dans le livre de Finibus, cite un fragment d'une tragédie à*Oreste fort applaudie de son temps. Suétone dit que Néron chanta le rôle d'Oreste parricide ; et Juvénal parle d'un Oreste qui était d'une longueur rebutante , et auquel Tauteur n'avait pas encore mis la dernière main

Summi plend jam margine libri

Scriptus et in tergo^ necdùm finitus Orestes,

Baïf est le premier qui ait traité ce sujet en notre langue. Son ouvrage n'est qu'une traduction de \ Electre de Sophocle ; il a eu le sort de "toutes les pièces de théâtre de son siècle. V Electre de M. de Longepiene , faite en 1700 , ne fut jouée , je crois , qu'en 1718. Pendant cet intervalle M. de Crébillon donna sa tragédie à' Electre.

DISSERTATION SVB L*£LECtBB DE SOPHOCLE. 169

J« ne connais que le titre de V Electre du baron de Walcf qui a paru dans les Pays-Bas. Enfin !!• de Voltaire vient de BOUS donner une tragédie à'Oreste, Erasmo di Yalvasone a traduit en italien l'Electre de Sophocle , et Rucellai a fait une tragédie ^d'Ore^e, qui se trouve dans le premier volume du théâtre italien , donné' par M. le marquis de Màfiei, à Vérone 9 en 1723.

Je diviserai cette dissertation en trois parties. Je rechercherai dans la première quels sont les fondemens de la préférence que tous, les siècles ont donnée a la tragédie à* Electre de Sophocle sur celle d'Euripide , et sur les Choéphores d'Eschyle.

Dans la secoade , {^examinerai sans pré veotion ce qu'où doit penser de l'entreprise de l'auteur de la tragédie d'Oresfe , de traiter ce sujet sans ce que nous appelons épisodes , et avec la simplicité des anciens , et de la manière dont il a exécuté cette entreprise.

Dans la troisième et dernière partie, je ferai voir combien il est difficile de s'é^carter de la route que les anciens nous. ont frayée en traitant ce sujet» sans détruire le.bon goût y et sans tomber dans des défauts qui passent mé^ne des pensées aux expressions.

Je soumets tout ceque je dirai dans cet écrit au jugement de ceux qui . aiment sincèrement les belle$-lettres , qui ont fait de bonnes études , qui connaissent en même temps le génie de la langue grecque et celui de la ndtre, qui, sans âtre les- adorateurs serviles et aveugles des anciens^ connaissent leurs beautés, lès sentent et l^ur rendent justice , et qui joignent l'érudition a la saine critique : je récuse tous les autres jugés,, comme incompéteps.

Je ae cherche qi;i'à 4tre utile ^ je ne veux faire ni. d'eloge ai de satire. • Le théâtre, que }e regarde comme l'écoie de la jeunesse, mérite qu'on en parle d'une manière plus sérieuse et plus approfondie qu'on ne faii d'ordinaire dans.itout ce qui s^écrit pour et contre les pièces nouvelles (*). Le public est las de tous ces écrits qui sont plutôt ^es libelles que des instructions^ et de

. (*) Lt F. B.apin, dans ses Méflexions sur la Poétique, dit. après Aristote , qae la tragédie est une leçon publique , plus instruotire, «fins comparaison,' que la philosophie, parce qaVsUe instniic

TOBATBB. TOME III. 8

1 yo NSSBETÀnGH

tous ces )4tgemeiis dktë& par un esprit de oabftie et d'ignorttnce. Quioonqiie ose porter un ju^ment doit le motiver y sans quoi il se déclare lui^mdnie iadigae d'airotr un «vis; je n'ai formé le mien qu'après ayoir .oonsulté les gens de lettres les pins éclairés, tl'est ce qui m'enhardît a me nommer, afin df n'être pas confondu avec les auteurs de tant d'écrits ténébreinc^dont le moins qu^on puisse dire est qu'ils sont inutiles.

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