‹ Théâtre complet de Voltaire, avec notes, remarques et variantesChapitre 108 sur 275 · SCÈNE PREMIÈRE · texte numérisé non relu

SCÈNE PREMIÈRE

> ( Soldats dans renfoncement. J

' CATILINA

Oratbl'R insolent I qu'uq tîI peuple seconde. Assis au premier rang des souverains du monde , Tu yas tomber du &tte où Rome t'a place y Inflexible Gaton , vertueux insensi^.

Ennemi de ton siècle , esprit dur et faroucbe , Ton terme est arriyë ; ton imprudence y touche. Fier sénat de tyrans qui tiens le* monde aux fers. Tes fers sont préparés , tes tombeaux sont ouyerts. Que ne puis-je en ton sang, impérieux Pompée , Éteindre de ton nom la splendeur usurpée ! Que ne puis-je opposer à ton pouvoir fatal (a). Ce César si terrible , et déjà ton égal ! Quoil César, comme moi factieux dès V^lançe, Avec Catilina n'est pas d'intelligence ?

af6 ACTE PBEHIEB.

Mais le piëge est tendu ^ je prétends qu'aujourd'hui Le trône qui m*aUend soit préparé par lui. Il faut employer tout jusqu'à Gicéron même , 9 Ce 'César que je crains, mon épouse que j'aime (b) :

Sa docile tendresse, en^et affreux moment, ' De mes sanglans projets est Tayeugle instrument. Tout ce qui m'appartient doit être mon complice. Je veux que l'amour même k mon ordre obéisse. Titres chers et sacrés, et de père et d'époux. Faiblesses des humains, évanouissez-vous.

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