‹ Théâtre complet de Voltaire, avec notes, remarques et variantesChapitre 111 sur 275 · MARTIAN · texte numérisé non relu

MARTIAN

Seigneur, Cicéron vient près de qe lieu fatal. Par son ordre bientôt le sénat se rassemble : Il vous mande en secret.

AURÉLIE

Catilina! je tremble A cet ordre subit, a ce funeste nom.

* CATILINA

Jllon épouse trembler au nom de Cicéron ! Que Nonnius séduit le craigne et le révère ; Qu'il déshonore ainsi son rang , son caractère ; Qu'il serve, il en est digne, et je plains son erreur : Mais de vos *sentimens j'attends plus de graii^îeur.

AGTB MBIUBR. ftfll

Allez; souvenez^vous que vos nobles ancêtres Choisissaient autrement leurs consub et leurs maîtres. Quoi , vous ! femme et- Romaine, et du sang d'un Néron ^ Vous seriez sans orgueil et sans jEanbition? Il en faut aux grands cœurs.

AURÉLIE

Tu crois le mien timide ) La seule cruauté, te paraît intrépide^ '

Tu m'oses reprocher d^avoir tremblé pour toi^ Le consul va paraître; adieu : mais connais-moi ; Apprends que cette épouse k tes lois trop soumise. Que tu devais ai«ïer, que ta fierté méprise , Qui ne peut te changer, qui ne peut l'attendrir, !P1us Bomaiiue que toi^ peut t'apprendre h mourir.

CATILINA

Que de chagrins divers il ùiftt que je dévore! Gicéron , que je vois, est moins k craindre encore.

Page 1