‹ Théâtre complet de Voltaire, avec notes, remarques et variantesChapitre 120 sur 275 · SCÈNE II · texte numérisé non relu

SCÈNE II

AURÉLIE, CATILINA, CÉTHÉGUS, etc.

AUEELUE f une lettre à la main.

Lis ton sort et le mien , ton crime et ton arrêt ; Yoilk ce qu'on m'écrit.

^ CATILINA

Quelle main téméraire, r.

Ëh bien ! je recoupais le seing de votre père.

ÀGTB TftOlfllBMB. d^Q

ADRÉUE.

Lis...

CÀTIUNÀ lit U lettre.

{q) « La mort trop long-temps a respecte mespurSy « Une fille que j'aime en termine le cours. « Je suis trop bien puni , dans ma triste vieillesse, « De cet hymen affreux qu'a permis ma faiblesse, « Je sais de votre époux les complots odieux* « César, qui nous trahit , veut enlever Préneste. « Vous avez partagé leur trahison funeste. « Repentez- vous, ingrate , ou périssez comme eux... » Mais comment lionnius aurait-il pu connaître Des secrets qu'un consul ignore encor peut-être?

CÉTIléGUS.

Ce billet peut vous perdre.

CATILINA à Cëthégas.

U pourra nous servir.

(AAurëUe.)

U faut tout vous apprendre , il &ut tout éclaircir (r). Je vais armer le monde , et c'est pour ma défense. Vous , dans ce joar de sang marqué pour ma puissance , Voulez- vous préférer un père k votre époux? Pour la dernière fois dois* je compter sur vous?

AURJBLIK.

Tu m'avais ordonné le silence et la fuite; Tu voulais k mes pleurs dérober ta conduite; £t bien ! que prétends«tu ?

CATILUfA.

Partez au mcme instant; Envoyez au consul ce billet important.

J'ai mes raisons; je veux qu'il apprenne 2i connaître Que César est a craindre , et plus que moi peut-être. Je n'y suis point nommé; César est accusé : C'est ce que j^attendais ; tout le reste est aisé. Que mon fils au berceau , mon fib né pour la guerre , Soit porté dans vos bras aux* vainqueurs de la terre. Ne rentrez aveic lai dans ces murs abhorrés Que quand j'en serai maître ^ et quand vous régnerez. Notre bymen est secret : je veux qu'on le publie Au milieu de l'armée , aux yeux de l'Italie ;

•l40. CATlUtlA.

Je veux que votre père, humble dans son courroux, Soit le premier sujet qui tombe k vos genoux. Partez » daignez me croire , et laissez-vous conduire ; Laissez-moi mes dangers, ils doivent me suffire, Et ce n'est pas k vous de partager mes soins : Vainqueur et couronne cette nuit je vous joins.

Tu vas ce jour dans Rome ordonner le carnage?

CATILUfA.

Oui , de nos ennemis j*y vais punir la rage (5). Tout est prêt ; on m'attend.

• AURÉLIE

Commence donc par moi , Commence par ce meuitr/B, il est digne de toi : Barbare , j^aime mieux , avant que tout périsse , Expirer par tes mains que vivre ta complice.

Qu'au nom de nos liens votre esprit raffermi.....

CETHEGUS

Ne désespérez point un époux , un ami.

Tout vous est confié , la carrière çst ouverte , Et reculer d'un pas, c'est courir k sa per^e,

AURELIE

Ma perte fut certaine au moment où mon cœur Reçut de vos conseils le poison séducteur j Quand j'acceptai S9 main , quand je fus abusée , Attachée k son sort victime méprisée :

Vous pensez que mes yeux timides , consternés , Respecteront toujours vos complots forcenés ; Malgré moi sur vos pas vous m'avez S|i conduire. J'aimais ; il fut aisé , crue.ls , de me séduire ! Et c'est un crime affreux dont on doit vous punir, Qu*a tant d'atrocités t'amour aitpu servir. ^ Dans mon aveuglement , que ma raison déplore , Ce reste de raison m'éclaire au moins encore. 11 fait rougir mon front de l'abus détesté Que vous avez tous fait de ma crédulité. L'amour me Gl coupable , et je ne veux plus l'être $ Je ne yeux point servir les attentets d'un maître 5

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