SCÈNE II
AURÉLIE, CATILINA, CÉTHÉGUS, etc.
AUEELUE f une lettre à la main.
Lis ton sort et le mien , ton crime et ton arrêt ; Yoilk ce qu'on m'écrit.
^ CATILINA
Quelle main téméraire, r.
Ëh bien ! je recoupais le seing de votre père.
ÀGTB TftOlfllBMB. d^Q
ADRÉUE.
Lis...
CÀTIUNÀ lit U lettre.
{q) « La mort trop long-temps a respecte mespurSy « Une fille que j'aime en termine le cours. « Je suis trop bien puni , dans ma triste vieillesse, « De cet hymen affreux qu'a permis ma faiblesse, « Je sais de votre époux les complots odieux* « César, qui nous trahit , veut enlever Préneste. « Vous avez partagé leur trahison funeste. « Repentez- vous, ingrate , ou périssez comme eux... » Mais comment lionnius aurait-il pu connaître Des secrets qu'un consul ignore encor peut-être?
CÉTIléGUS.
Ce billet peut vous perdre.
CATILINA à Cëthégas.
U pourra nous servir.
(AAurëUe.)
U faut tout vous apprendre , il &ut tout éclaircir (r). Je vais armer le monde , et c'est pour ma défense. Vous , dans ce joar de sang marqué pour ma puissance , Voulez- vous préférer un père k votre époux? Pour la dernière fois dois* je compter sur vous?
AURJBLIK.
Tu m'avais ordonné le silence et la fuite; Tu voulais k mes pleurs dérober ta conduite; £t bien ! que prétends«tu ?
CATILUfA.
Partez au mcme instant; Envoyez au consul ce billet important.
J'ai mes raisons; je veux qu'il apprenne 2i connaître Que César est a craindre , et plus que moi peut-être. Je n'y suis point nommé; César est accusé : C'est ce que j^attendais ; tout le reste est aisé. Que mon fils au berceau , mon fib né pour la guerre , Soit porté dans vos bras aux* vainqueurs de la terre. Ne rentrez aveic lai dans ces murs abhorrés Que quand j'en serai maître ^ et quand vous régnerez. Notre bymen est secret : je veux qu'on le publie Au milieu de l'armée , aux yeux de l'Italie ;
•l40. CATlUtlA.
Je veux que votre père, humble dans son courroux, Soit le premier sujet qui tombe k vos genoux. Partez » daignez me croire , et laissez-vous conduire ; Laissez-moi mes dangers, ils doivent me suffire, Et ce n'est pas k vous de partager mes soins : Vainqueur et couronne cette nuit je vous joins.
Tu vas ce jour dans Rome ordonner le carnage?
CATILUfA.
Oui , de nos ennemis j*y vais punir la rage (5). Tout est prêt ; on m'attend.
• AURÉLIE
Commence donc par moi , Commence par ce meuitr/B, il est digne de toi : Barbare , j^aime mieux , avant que tout périsse , Expirer par tes mains que vivre ta complice.
Qu'au nom de nos liens votre esprit raffermi.....
CETHEGUS
Ne désespérez point un époux , un ami.
Tout vous est confié , la carrière çst ouverte , Et reculer d'un pas, c'est courir k sa per^e,
AURELIE
Ma perte fut certaine au moment où mon cœur Reçut de vos conseils le poison séducteur j Quand j'acceptai S9 main , quand je fus abusée , Attachée k son sort victime méprisée :
Vous pensez que mes yeux timides , consternés , Respecteront toujours vos complots forcenés ; Malgré moi sur vos pas vous m'avez S|i conduire. J'aimais ; il fut aisé , crue.ls , de me séduire ! Et c'est un crime affreux dont on doit vous punir, Qu*a tant d'atrocités t'amour aitpu servir. ^ Dans mon aveuglement , que ma raison déplore , Ce reste de raison m'éclaire au moins encore. 11 fait rougir mon front de l'abus détesté Que vous avez tous fait de ma crédulité. L'amour me Gl coupable , et je ne veux plus l'être $ Je ne yeux point servir les attentets d'un maître 5