SEPTIME
CATILINA
Tout est-il prêt? enfin Tarmëe avance-t-elle ?
HARTIAN.
Oui , seigneur ; Mallius, à ses serroens fidèle^ Vient entourer ces murs aux flammes destinés. Au dehors , au dedans, les ordres sont donnes. Les conjurés en foule au cariiage s'excitent , Et des moindres délais leurs courages s'irritent. Prescrivez le moment où Rome doit périr.
CATILINA
Sitôt que du sénat vous me verrez sortir. Commencez k l'instant nos sanglans sacrifices -, Que du sang des proscrits les fatales prémices Consacrent sous- vos mains ce redoutable jour. Observez , Martian , vers cet obscur détour. Si d'un consul trompé les ardens émissaires Oseraient épier nos terHbles mystères.
<XTHÉons.
Peut-être avant le temps faudrait-il l'attaquer Au milieu du sénat qu^il vient de convoquer; Je vois qu'il prévient tout, et que Rome alarmée...
CATILmA.
^Prévient-il Mallius ? prévient-il mon armée ? Connaît-il mes projets ? sait-il, dans son effroi. Que Mallius n'agit, n'est armé que pour moi? Suis-je fait pour fonder ma fortune et ma gloire Sur un vain brigandage', et non sur la victoire? Va , mes desseins sont grands, autant que mesurés; Les soldats de Syllâ sont mes vrais confROeés.
«l58 GATlLlfll*
Quand des mortels obscurs , et de vils téméraires , D'un complot mal tissu forment les nœuds vulgaires > Un seul ressort qui manque a leurs pièges tendus Détruit l'ouvrage entier, el l'on- n'y revient plus. Mais des mortels choisis , et tels que nous le sommes > Ces desseins si profonds , ces crimes des grands hommes. Cette élite indomptable , et ce superbe choix Des descendans de Mars et des vainqueurs des rois. Tous ces ressorts secrets, dont la force assurée Trompe de Cicànon la prudence égarée , Un feu dont l'étendue em^irase au même instant Les* Alpes , l'Apennin , l'aurore et le couchant. Que Rome doit nourrir, que rien ne peut éteindre ; Voila notre destin : dis-moi s'il est k craindre.
CÉTHÉGUS
Sous le nom de César Préneste est-elle k nous? .
CATILINA
C'est Ik mon premier pas ; c'est un des plus grands coups
Qu'au sénat incertain je porte en assurance.
Tandis que Nonnius tombe sous ma puissance.
Tandis qu'il est perdu, )e fais semer le4)ruit
Que tout ce grand complot par lui-même est conduit.
La moitié du sénat croit j^ïonniiis complice.
Avant qu'on délibère , avant qu'on s'édaircisBe ,
A vaut que ce sénat , silent dans ses débats ,
Ait démêlé le piège où j'ai conduit ses pas ,
Mon armée est dans Rome , et la terre asservie.
Allez , que de ces lieux on enlève Aurélie,
Et que rien ne partage un si grand intérêt.