CATILINA, CÉTHÉGUS, LENTDLDS^URA
AURELIË, etc.
SCTRA.
C'en est fait^ et nous sommes perdus; Nos amis sont trahis y nos projets confondus. Préneste entre nos mains n'a point éié remise ; Nonnius vient dans Rome ; il sait notre entreprise. Un de nos confidens, dans Préneste arrêté , A subi les tourmens, et n'a point résisté, rïous avons trop tardé; rien ne peut nous défendre; Nonnius au sénat vient accuser son gendre ; Il va chez Cicéron , qui n'est que trop instruit.
AURELIE
Eh bien ! de tes forfaits tu vois quel est le fruit. Voilà ces grands desseins où j'aurais dû souscrire , Ces destins de Sylla , ce trône , cet empire ! Es-tu désabusé (/) ? tes yeux sont-ils ouverts? GATIUNÀ 9 *pr^s un moment de silence.
Je ne m'attendais pas k ce nouveau ravers. Mais.... me trahiriez- vous ?
AURÉLIE
Je le devrais peut-être.
Je devrais servir Rome^ en la vengeant d'un traître : Nos dieux m'en avoueraient. Je ferai plus; je veux Te rendre k ton pays, et vous sauver tous deux. Ce cœur n'a pas toujours la faiblesse en partage. Je n'ai point tes fureurs , mais j'aurai ton courage ; L'amour en donne au moins. J'ai prévu le danger; Ce danger est venu y je teux le partager. Je vais trouver mon père; il faudra que j'obtienne Qu'il m'arrache la vie , ou qu'il sauve la tienne. Il m'aime, il est facile , ii craindra devant moi D'armer le désespoir d'un gendre tel que toi.