‹ Théâtre complet de Voltaire, avec notes, remarques et variantesChapitre 134 sur 275 · LE CHEF DES LICTEURS · texte numérisé non relu

LE CHEF DES LICTEURS

Seigneur , en secourant la mourante Aurëlie , Que nos soins vainenient rappelaient a la vie , J'ai trouvé ce biflet par son père adresse.

GICÉRON, en lisant.

Quoi, d'un danger plus grand l'état est menacé ! R César, qui nous trahit, veut enlever Préneste.» • Vous César , vous trempiez dans ce complot funeste ! Lisez , mettez le comble h des malheurs si grands. César, étiez-vous fait pour servir des tyrans ?

CÉSAR

J'ai lu; je suis Romain , notre perte s'annonce ; Le danger croît; j'y vole, et voilk ma réponse.

Cil sort.) CATON.

Sa réponjse est douteuse , il est trop leur appui.

CICÉRON

Marchons, servons l'état, contre eux et contre lui.

(A une partie des sénateurs.) Vous, si les derniers cris d'Aurélie expirante, Ceux du monde ébranlé, ceux de Rome sanglante. Ont réveillé dans vous l'esprit de vos aïeux , Courez au Capitole, et défendez vos dieux : Du fier Catilina soutenez les approches. Je ne vous ferai point d'inutiles reproches

D'avoir pu balancer entre ce monstre et moi*

(A d'autres sénateurs,) Vous, sénateurs blanchis dans l'amour de la loi. Nommez un chef enfin, pour n'avoir point de maîtres Amis de la vertu, séparez-vous des traîtres.

(Les sénateurs se séparent de Céthégus et de Lentulus-Sura.) Point d'esprit de parti , de senti mens jaloux : C'est par Ik que jadis Sylla régna sur nous. Je vole en tous les lieux où vos dangers m'appellent , Où de l'embrasement les flammes étincellent. Dieux ! animez ma voix , mon courage et mon bras ; Et sauvez les Romains , dussent-ils être ingrats !

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