‹ Théâtre complet de Voltaire, avec notes, remarques et variantesChapitre 149 sur 275 · ACTE SECOND. 5o · texte numérisé non relu

ACTE SECOND. 5o

Et des monis de TEtna les plus secrets chemins («).

Cèst lui qui découvrit^ par une courte utile ,

Que Tancrède en secret a revu la Sicile ;

G^est lui par qui le ciel veut dsanger mes destins.

Ma lettre 9 par ses soins remise aux mains d'un Maure,

Dans Messine demain doit être avant l'aurore.

Des Maures et des Grecs les besoins mutuds

ont toujours conserve , dans cette longue guerre.

Une correspondance k tous deux nécessaire s

Tant la nature unit les malheureux mortels !

FAXŒ. •

Ce pas est dangereux;. mais le nom de Tancrède , Ce nom si redoutable , k qui tout autre cède.. Et qu*ici nos tyrans 0|it toujours en horreur. Ce beau nom que l'amour grava dans votre cœur. If 'est point dans cette lettre a Tancrède adressée. Si vous l'avez- toujours présent k là pensée j Vous avez su du moins le taire en écrivant. Au camp des Sarrazins votr^ lettre portée Vainement serait lue» oU serait arrêtée. Enfin , jamais l'amour ne fut moins imprudent , TSe sut mieux se voiler dans l'ombre du mystère , Et ne fut plus hardi sans être téméraire. Je ne puis cependant vous cacher mon effiroi.

AXÉNAÏDE.

Le ciel jusqu'à présent semble veiUer sur moi ; Il ramène Tancrède, et tu veux que je tremble?

PAIOE.

Hélas ! qu'en d'autre lieux sa bonté voua naaseoible ! ^ La haine et Pintérèl s'arment 4rop contre lui : Tout son parti se tait; qui. sera. âon appui?

ABŒNAÏDE.

Sa gloire. Qu'il sv montre^ il deviendra le maître. Un héros qu'on opprime attendrit tous les cœurs; Il les anime tous , quand il vieAt k paraître.

FATOE.

Son rival est k craindre.

ABléNATl>Ê.

Âh , combats ces terreurs , Et ne m'en donne point. Souviens-toi que ma mère

3û4 TlBGBkDE.

îious unit run et l'autre à ses derniers momens ; Que Tancrède est à moi ; qu'aucune loi contraire He peut rien sur nos vœux et sur nos sentimens. Hélas ! nous regrettions eette iie si funeste. Dans le sein de la gloire et des murs des Césars ; Vers ces champs trop aimes qu'aujourd'hui je dëtestei Nous tournions tristement nos avides regards. J'étais loin de penser que le sort qui.m'obsède Me gardât pour époux l'oppresseur de Tancrède, £t que j'aurais pour dot l'exécrable présent Des biens qu'un rayisseur eolëve à mon amant. Il faut l'instruire au moins d'une telle injustice ; Qu'il apprenne de moi sa perte et mon supj^ce, . Qu'il hâte son retour et défeode ses droits. Pour venger un héros je fais ce que je dois. Âh ! si je le pouvais , j'en ferais^ davantage^ J*aime , je crains un père , et respecté son âgc^ Mais je voudrais armer nos peuples «oulevés Contre cet Orbassan qui nous a captivés. D'un brave chevalier sa conduite est indigne t Intéressé, cruel, il prétend a l'honneur! Il croit d'un peuple libre être le protecteur! Il ordonne ma honte , et mon père la signe ! Et je dois la subir, et je dois me livrer Au maître impérieux qui pense m'honorer ! Hélas ! dans Syracuse on hait la tyrannie , Mais la plus exécrable , et la plus impunie , Est celle qui commande et la haine et Tamour , Et qui veut nous forcer de changer en un jour. Le sort en est jeté.

RANIE.

Vous aviez paru craindix*

aménaIde.

Je ne crains plus.

FAIflE.

On dit qu'un arrêt redouté Contre Tancrède même est aujourd'hui porté; Il y va de la vie a qui le veut enfreindre.

AMÉNAtOE.

Je le sais; mon esprit en fut épouvanté ;

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