‹ Théâtre complet de Voltaire, avec notes, remarques et variantesChapitre 153 sur 275 · LES CHEVALIERS · texte numérisé non relu

LES CHEVALIERS

CATANE

Déjk de la saisir Tordre est donné par nous. Sans doute il est affreux de voir tant de noblesse. Les grâces , les attraits , la plus tendre jeunesse , L'espoir 4e deux maisons , le destin le plus beau , Par le dernier supplice enfermés au tombeau (A). Mais telle est parmi nous la loi de l'hyniénée; C'est la religion lâchement profanée , C'est la patrie enfin que nous devons venger. L'infidèle en nos murs appelle l'étranger !

^^ TANGBEDE.

La Grèce et la Sicile ont vu des citoyennes. Renonçant à leur gloire, au titre de chrétiennes. Abandonner nos lois pour ces fiers Musulmans , Vainqueurs de tous côtés , et partout nos tyrans : Mais que d'un chevalier la fiUe respectée,

( A Orbajuam. )

Sur le point d'être k vous , et marciiant'k l'autel. Exécute un complot si lâche et si cruel» De ce crime nouveau Syracuse infectée Veut de notre justice un exemple éterneL

LORÉDAN

Je 1 avoue en tremblant ; sa mort est légitime : Plus sa race est illustre , et plus grand est le crime. Un sait de Solamir Pespoir ambitieux.

On connaît ses desseins, son amour téméraire , Ce malheureux talent de tromper et de plaire, IJ imposer aux esprits, et d'éblouir les yeux. C'est k lui que s'adresse un écrit si funeste. Régnez dans nos états i ces mots trop odieux Nous révèlent assez un complot manifeste. Pour l'honneur d'Orbassan je supprime le reste ; 11 nous ferait rougir; Quel est le chevalier Qui daignera jamais, suivant l'antique usage. Pour ce coupable objet signaler son courage. Et hasarder sa gloire k le justifier?

CATANE

Orbassan, comme vous nous sentons votre injure; Nous allons l'effîicer au milieu des combats. Le crime rompt Thymen : oubliez la parjure. Son supplice vous venge, et ne vous flétrit pas.

ORBASSAN

Il me consterne, au moins....' et coupable ou fidèle, Sa main me fut promise.... On approche.... c'est elle

Qu'au séjour des forfaits conduisent des soldats

Cette honte m'indigne autant qu'elle m'offense : Laissez-moi lui parler. . .

Page 1