SCÈNE PREMIÈRE
TANCRÈDE, suivi de deux écuyers qui portent sa lance, son
écu,etc., AliDAMON.
TANCRÈDE
A tous les cœurs bien nés .que la patrie est chère ?
Qu'avec ravissement je revois ce séjour!
Cher et brave Aldaroon , digne ami de mon père.
C'est toi dont l*heureux zèle a servi mon retour.
Que Tancrède est heureux! que ce jour m'est prospère !
ACTB TBOISl&KE. 3l5
Tout mon sort est change. Cher ami , \t te dois Plus que je n'ose dire, et plus que tu ne croîs.
ALDAMON. .
Seigneur» c'est trop vanter mes services valgmres , £t c'est trop relever un sort tel que le mien; Je ne suis qu'un soldat , un simple citoyen....
TANGRÈDfi.
Je le suis comme vous : les citoyens sont fr^es.
ALDAMON. -
Deux ans dans l'Orient sous vous j'ai combattu ; Je vous vis effacer l'ëclat de vos ancêtres ) J'admirai d'assez près votre haute vertu; C'est la mon seul mérite. Élevé par mes maîtres , Né dans votre maison y je vous suis asservi. Je dois....
TANCaÈDE.
Vous ne devez être que mon ami.
Voilà donc ces remparts que je voulais défendre , Ces murs toujours sacrés pour le cœur le plus tendre , Ces murs qui m'ont vu naître et dont je suis banni! Apprends-'moi dans quels lieux respire Aménaïde.
ALUAMON.
Dans ce palais antique où son père réside ;
Cette place y ^nduit : plus loin vous contemplez
Ce tribunal auguste , où l'on voit assemblés
Ces vaillans chevaliers , ce sénat intrépide ,
Qui font les lois du peuple et combattent pour lui,
Et qui vaincraient toujours le Musulman perfide , •
S'ils ne s'étaient privés de leur plus grand appui.
Yoilk leurs boucÛers , leurs lances , leurs devises ,
Dont la pompe, gueriière «nnonce aux nations
La splendeur de leurs faits , leurs nobles entreprises.
Votre nom seul ici manquait «i ces grands noms.^
TAIHSAKDI*
Que ce nom soit caché , puisqu'on ie persécute; Peut-être, en d'autres lieux il est célèbre assez.
( A ses ëoujeiB. ) Vous^ qu'on suspende ici mes cbifires effiicës; Aux fureurs des partis qu'ils ne soient plus en butte ; Que mes armes sans faste , emblème des douleurs^