‹ Théâtre complet de Voltaire, avec notes, remarques et variantesChapitre 158 sur 275 · SCÈNE PREMIÈRE · texte numérisé non relu

SCÈNE PREMIÈRE

TANCRÈDE, suivi de deux écuyers qui portent sa lance, son

écu,etc., AliDAMON.

TANCRÈDE

A tous les cœurs bien nés .que la patrie est chère ?

Qu'avec ravissement je revois ce séjour!

Cher et brave Aldaroon , digne ami de mon père.

C'est toi dont l*heureux zèle a servi mon retour.

Que Tancrède est heureux! que ce jour m'est prospère !

ACTB TBOISl&KE. 3l5

Tout mon sort est change. Cher ami , \t te dois Plus que je n'ose dire, et plus que tu ne croîs.

ALDAMON. .

Seigneur» c'est trop vanter mes services valgmres , £t c'est trop relever un sort tel que le mien; Je ne suis qu'un soldat , un simple citoyen....

TANGRÈDfi.

Je le suis comme vous : les citoyens sont fr^es.

ALDAMON. -

Deux ans dans l'Orient sous vous j'ai combattu ; Je vous vis effacer l'ëclat de vos ancêtres ) J'admirai d'assez près votre haute vertu; C'est la mon seul mérite. Élevé par mes maîtres , Né dans votre maison y je vous suis asservi. Je dois....

TANCaÈDE.

Vous ne devez être que mon ami.

Voilà donc ces remparts que je voulais défendre , Ces murs toujours sacrés pour le cœur le plus tendre , Ces murs qui m'ont vu naître et dont je suis banni! Apprends-'moi dans quels lieux respire Aménaïde.

ALUAMON.

Dans ce palais antique où son père réside ;

Cette place y ^nduit : plus loin vous contemplez

Ce tribunal auguste , où l'on voit assemblés

Ces vaillans chevaliers , ce sénat intrépide ,

Qui font les lois du peuple et combattent pour lui,

Et qui vaincraient toujours le Musulman perfide , •

S'ils ne s'étaient privés de leur plus grand appui.

Yoilk leurs boucÛers , leurs lances , leurs devises ,

Dont la pompe, gueriière «nnonce aux nations

La splendeur de leurs faits , leurs nobles entreprises.

Votre nom seul ici manquait «i ces grands noms.^

TAIHSAKDI*

Que ce nom soit caché , puisqu'on ie persécute; Peut-être, en d'autres lieux il est célèbre assez.

( A ses ëoujeiB. ) Vous^ qu'on suspende ici mes cbifires effiicës; Aux fureurs des partis qu'ils ne soient plus en butte ; Que mes armes sans faste , emblème des douleurs^

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