AI.DAM0N
Ce fut depuis trois ans , Comme vous l'avez su , le respectable Argire.
TANCRÈDE, à part.
Père d'Âménaïde!...
ALDAMON.
On le vit trop long-temps Succomber au parti dont nous craignons l'empire. Il reprit a la (ju sa juste autorité ; - On respecte son rang , son nom , sa probité ^^ Mais l'âge rafifaiblit. Orbassan lui succède.
TANCREDE
Orbassan ! l'ennemi , l'oppresseur de Tancrède ! Ami , quel est le bruit répandu dans ces lieux ? ' A\\ ! parle , est-il bien vrai que cet audacieux D'un père trop facile ait surpris la faiblesse , Que de son alliance il ait eu la promesse , Que sur Aménaïde il ait levé les yeux , Qu'il ait osé prétendre à s'unir avec elle ?
ALDAMON. •
Hier confusément j'en appris la nouvelle.
Pour moi , loin de la ville , établi dans ce fort ,
Où je vous ai reçu , grâce à mon heureux sort ,
A mon poste attaché , j'avouerai que j'ignore
Ce qu ou a lait depuis dans ces murs que j'abhorre 5
On vous y persécute , ils sont affreux pour moi.
AGT£ T1I0ISE£ME. .5l5
TANCREDE
Cher ami , tout mon cœur s'abandonne h ta foi ; Cours chez Aménaïde, et parais devant elle : Dis-lui qu'un inconnu brûlant du plus beau zèle Pour l'honneur de son sang , pour soii auguste nom , Pour les prospérités de sa noble maison , Attaché dès Tenfance à sa mère , à sa race , D'un entretien secret lui demande la grâce.
ALDAMON.
Seigneur, dans sa maison j'eus toujours quelque accès ,
On y voit avec joie^ on accueille ^ on honore
Tous ceux qu'à votre nom le zèle attache encore..
Plût au ciel qu'on eût vu le pur sang des f*rançais
Uni dans la Sicile au noble sang d'Argire!
Quel que soit le dessein ; seigneur , qui vous inspire.
Puisque vous m'envoyez, je réponds du succès.