SCÈNE IL
TANCREDE ; sts Écuyers , au fond.
TANCREDE
Il sera favorable ; et ce ciel qiui ine guide ,
Ce ciel qui me ramène aux pieds d'Aménaïde ,
£t qui dans tous les temps accorda sa faveur
Au véritable amour ^ au véritable honneur.
Ce ciel qui m'a conduit dans les tentes du. Maure,
Parmi mes ennemis soutient ma cause encore.
Aménaïde m'aime , et son cœur me répond '^
Que le mien dans ces lieux ne peut craindre un afiront.
Loin des camps des Césars , <ît loin de riUyrie,
Je viens enfin pour elle au sein de ma patrie, .
De ma patrie ingrate, et qui, dans mon malheur.
Apres Aménaïde est si chère stmon cœur}
J'arrive : un autre ici l'obliendrait de son père!
Et sa fille a ce point aurait pu me trahir !
Quel est cet Orbassan? quel est ce téméraire?
Quels sont donc les exploits dont il doit s'applaudir,'?
Qu'a-t'il fait de si grand qui lé puisse enbardir
A demander un prix qu'on doit a la vaillance ; . .
Qui des plus grands héros serait la récompense;
Qui m'appartient , du moins par les droiU de Tamour ? Avant de me Vôtùr, il m'ôtera le jour. Âpres mon trëpas même elle serait fidèle (/}. L'oppresseur de mon sang ne peut régner sur elle. Oui, ton cœur m'est connu,. je n'en redoute rien^ Ma chère Aménaïdef il est tel que le mien,. Incapable d'eQroi, 4e cminte,, et d'inconstance.