‹ Théâtre complet de Voltaire, avec notes, remarques et variantesChapitre 161 sur 275 · SCÈNE IL · texte numérisé non relu

SCÈNE IL

TANCREDE ; sts Écuyers , au fond.

TANCREDE

Il sera favorable ; et ce ciel qiui ine guide ,

Ce ciel qui me ramène aux pieds d'Aménaïde ,

£t qui dans tous les temps accorda sa faveur

Au véritable amour ^ au véritable honneur.

Ce ciel qui m'a conduit dans les tentes du. Maure,

Parmi mes ennemis soutient ma cause encore.

Aménaïde m'aime , et son cœur me répond '^

Que le mien dans ces lieux ne peut craindre un afiront.

Loin des camps des Césars , <ît loin de riUyrie,

Je viens enfin pour elle au sein de ma patrie, .

De ma patrie ingrate, et qui, dans mon malheur.

Apres Aménaïde est si chère stmon cœur}

J'arrive : un autre ici l'obliendrait de son père!

Et sa fille a ce point aurait pu me trahir !

Quel est cet Orbassan? quel est ce téméraire?

Quels sont donc les exploits dont il doit s'applaudir,'?

Qu'a-t'il fait de si grand qui lé puisse enbardir

A demander un prix qu'on doit a la vaillance ; . .

Qui des plus grands héros serait la récompense;

Qui m'appartient , du moins par les droiU de Tamour ? Avant de me Vôtùr, il m'ôtera le jour. Âpres mon trëpas même elle serait fidèle (/}. L'oppresseur de mon sang ne peut régner sur elle. Oui, ton cœur m'est connu,. je n'en redoute rien^ Ma chère Aménaïdef il est tel que le mien,. Incapable d'eQroi, 4e cminte,, et d'inconstance.

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