‹ Théâtre complet de Voltaire, avec notes, remarques et variantesChapitre 177 sur 275 · A&OI&E · texte numérisé non relu

A&OI&E

A lui par qui je vis , A qui je dois tes jours ?

AMBNAÏDS.

Ils sont trop avilis ^ Ils sont trop malheureux. C'est en vous que j'espère; Réparez tant d'horreurs et tant de, cruauté; Ah ! rendez-moi Tbonneur que vous m'ayez âté. Le vainqueur d'Orbassan n'a eauvjé que ma vie ; Venez, que votre voix parle et me )Uèdfie.

A&OIRE.

Sans doute,, je le âms.

Je vole sur vos pas.

AROIRE.

J)emeure,

AMÉMAÏn».

Moi^ rcMr! )« vous suis aux combats.

334 TANCBkDB.

J'ai vu la mort de près , et je l'ai vue horrible ; Croyez qu^aux champs d'honneur elle est bien moins terrible Qu'à l'indigne dohaliiud où vous me conduisiez. Seigneur, il n*est plus temps que vous me refusiez , J'ai quelques droits sur vous; mon malheur me les donne; Faudra-t-il que deux fois mon père m'abandonne ?

< -ARGIRE.'

Ma ùHe, je n'ai plus d*autoritë sur toi^

J'eç avais abuse, je dois l'avoir perdue.

Mais quel est ce dessein qui me glace d'effroi ?

Crains les égai['emens de ton ame éperdue.

Ce n'est point en ces lieux , comme en d'autres climats ,

Où le sexe, élevé loin d'une triste gêne,

Marche avec les héros , et s'en distingue a peine ;

Et nos mœurs et nos- lois ne le permettent pas.

AMÉNAÏDE

Quelles lois! quelles mœurs indignes et cruelles ! Sachez qu'en ce moment je suis au-dessus d'elles^ Cachez que , dans ce jour d'injustice et d*horreur, Je n'écoute plus rien que la loi de mon cœur. Quoi! ces affreuses lois, dont le poids vous opprime, Auront pris dans vos bras votre sang pour victime ! Elles auront permis qu'aux yeux des citoyens Votre fille ait paru dans d'infâmes liens , * Et ne permettront pas qu'aux champs de la victoire J*accompagne mon père et défende ma gloire ! £l le sexe en ces lieux , conduit aux échafauds, ]Ve pourra se montrer qu'au milieu des bourreaux ! L'injustice k la fin produit l'indépendance 4. Vous frémissez, mon père; âh! vous deviez frémir Quand dé vos ennemis caressnnt l'insolence , Au saperbe Orbassan vous pûtes vous unir Contre le seul mortel qui prend votre défense, Quand vous m'avez forcée a vous dj^sobéir.

a&gihe.

Va , c'est trop accabler un père déplorable; N'abuse point du droit de me trouver coupable; Je le suis, je le sens, je me suis condamné : Ménage ma douleur; et si ton cœur encore D*un père aU désespoir ne s'est point détourne ,

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